Nickel : accord financier signé et Fonds déposés pour l'Usine du Sud  (avec la garantie de l’Etat)

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Bruno Lemaire, Ministre de l'Economie et des Finances, acteur clef de l'accord financier pour le sauvetage de l'Usine du Sud ©AFP

Après plusieurs mois de blocage du site industriel, un accord financier a été signé dans la nuit du 31 mars pour la cession de l’usine de nickel du sud de la Nouvelle-Calédonie. Les fonds nécessaires à la relance du site sont disponibles. Près de 3000 emplois sont sauvés.

Le calendrier a été tenu, Prony Resources est désormais propriétaire de l'Usine du Sud. Le groupe brésilien Vale s'en va, il doit communiquer l’information à ses investisseurs et à la Bourse de New-York (NYSE). Le gouvernement français se félicite de l'accord.

Je pense d'abord aux 3000 emplois sauvés et aux 3000 familles calédoniennes soulagées

Sébastien Lecornu, Ministre des Outre-mer

Accord financier Usine du Sud : communiqué du Gouvernement

 

C'est fait pour l'Usine du Sud

Les signatures ont été apposées, à distance par voie électronique. La crise sanitaire a empêché tout déplacement. Les négociations ont abouti après d’ultimes vérifications par une foultitude d’avocats spécialisés, les uns à Genève et à Paris, les autres à Toronto et à Nouméa.

Chacun, avant de signer et de s’engager, a tenu à vérifier au plus près les termes de l’accord financier. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit après tout d’une transaction d’un montant d’au moins 1,2 milliards de dollars, environ 120 milliards de francs (CFP) comme l’a rappelé Nouvelle-Calédonie la 1ère.

Vale parti, Prony Resources New Caledonia lui succède

Le déblocage des fonds nécessaire au redémarrage de l’usine serait intervenu ce mercredi 31 mars vers 16:00 heures à Paris. Il était 10:00 heures à Toronto et 01:00 heure le lendemain en Nouvelle-Calédonie, le 1er avril.

Pour l’essentiel, tous les participants intéressés par la vente et le rachat de l’usine ont signé le document (closing en anglais) qui arrête les modalités financières de cession et de reprise de la grande usine. D’une entreprise à l’autre, et pour faire simple, Vale est parti, Prony Resources New Caledonia (PRNC) lui succède.

Roch Wamytan et Sonia Backès ont montré le chemin

L’Etat français apporte sa garantie financière et sa caution morale à l’accord de reprise de l’Usine du Sud, et ce n’est pas anodin. Ce mercredi matin à Paris, des responsables gouvernementaux des ministères de l’Economie et des Outre-mer se sont félicités de l’accord lors d’une conférence de presse téléphonique à laquelle participait la 1ère. "C’est une étape essentielle pour la Nouvelle-Calédonie, le soutien financier de l’Etat a été fondamental, mais tout a été rendu possible par l’accord politique trouvé en Nouvelle-Calédonie avec le soutien et l'investissement du Président du Congrès et de la Présidente de la Province Sud" ont déclaré nos interlocuteurs.

Concrètement, le Brésilien Vale s’en va en laissant un chèque de 555 millions de dollars, l’Etat français apporte une contribution totale de 500 millions de dollars, les différents repreneurs amènent 100 millions de dollars, dont 50 millions de dollars en cash pour Trafigura et 25 millions de dollars pour Agio, le Fonds d’investissement privé australien et néo-zélandais.

Les représentants de l’Etat (Economie et Outre-mer) se sont félicités, pour la Nouvelle-Calédonie, de la signature de cet accord global pour l’usine du Sud qui "permet de sauver 3000 emplois et autant de familles calédoniennes, tout en permettant à la Nouvelle-Calédonie de détenir 51 % du capital, dans le respect de l’environnement et des droits des populations locales".

Un accord qualifié de "pragmatique, exemplaire pour l’environnement, l’urgence étant désormais de reprendre l’activité, de générer des rentrées financières et d’assurer un retour aux bénéfices".

Un accord porté par Bruno Lemaire et Sébastien Lecornu

Bruno Lemaire, le Ministre de l’Economie et des Finances et Sébastien Lecornu, le Ministre des Outre-mer se sont impliqués personnellement dans la solution trouvée, permettant le sauvetage et la relance du complexe industriel calédonien.

Les représentants de L’Etat ont souligné "l’importance de la présence du constructeur automobile Tesla, qui n’est pas signataire de l’accord financier mais va apporter son expertise industrielle, utiliser le nickel de l’Usine du Sud pour les batteries de ses voitures, Tesla qui envisage aussi de proposer des solutions novatrices en matière d’approvisionnement énergétique du site industriel". 

La Nouvelle-Calédonie pourrait servir de Territoire d'excellence pour des investissements "verts" du  géant américain des nouvelles technologies. Des investissements créateurs d'emplois.

Antonin Beurrier a fait venir Tesla

La venue de l'américain Tesla "a été rendu possible par la crédibilité du PDG de Vale-NC Antonin Beurrier" ont précisé nos interlocuteurs qui ont précisé : "Antonin Beurrier ne sera pas actionnaire au capital de l’Usine, mais il restera, au moins provisoirement, pour la diriger. Rien n’aurait été pire que son départ alors que ses qualités managériales et son implication ont permis l’accord définitif de Vale. iI faut savoir être pragmatique, c’est lui qui garantit la phase de transition et la relance de l’usine." Et ensuite ? L’avenir d’Antonin Beurrier, après cette période appelée à durer, n’a pas été évoqué pendant la conférence de presse. 

Pragmatisme et transition écologique aussi quand il s’agit de souligner l’importance pour l’Usine du Sud du projet Lucy qui sera financé par la France. Le procédé innovant doit permettre de stocker les résidus secs produits par l’usine. "C’est essentiel pour l’environnement, et pour avoir une filière calédonienne exemplaire de production du nickel pour les batteries électriques, et Tesla y est sensible" ont rappelé les intervenants à Paris.

L’Usine du Sud est sauvée, et armée financièrement pour affronter la concurrence dure des usines indonésiennes de nickel.

"L’accord financier n’a pas été simple a trouvé, mais il est signé, les enjeux sont substantiels pour la Nouvelle-Calédonie, c’est un dossier décisif. Il est le reflet de tous les enjeux notamment environnementaux, l’accord financier pour l’Usine du Sud à la force d’un équilibre et il sera solidifié par la reprise de l’activité industrielle et ensuite par le retour des bénéfices, il est le reflet de la société calédonienne et il traduit le soutien de la France" ont conclu les responsables des ministères de l’Economie et des Outre-mer, sans oublier la Direction générale du Trésor. A travers eux s’exprimaient Bruno Lemaire et Sébastien Lecornu, tout comme Jean Castex le Premier Ministre et Emmanuel Macron le Président de la République.

Communiqué du Ministère des Outre-mer aux salariés calédoniens de l'Usine du Sud

Courrier aux signataires Calédoniens de l'accord du 4 mars permettant la reprise de l'Usine du Sud

Usine du Sud (nickel et cobalt) Vale Nouvelle-Calédonie
Usine du Sud (nickel et cobalt) Vale Nouvelle-Calédonie

La réaction de Sonia Backès, la présidente de la provice Sud, receuillie par Laurence Pourtau et Laura Shintu 

 

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