Nickel : le Financial Times parle de la situation en Nouvelle-Calédonie

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Analyste chinoise à la Bourse des métaux de Shanghai (SHFE) ©Zhu Junxiang AFP

Le quotidien économique et financier britannique est le média de référence des milieux d’affaires internationaux. Il a été fondé en 1888 et défend une ligne éditoriale favorable à l’économie libérale. Cette orientation apparaît concernant la situation du nickel en Nouvelle-Calédonie

Après les sites spécialisés gravitant dans la sphère des milieux financiers de Londres et de Shanghai, après les fils d’agence de presse, après un dossier du quotidien Le Monde dans son édition de vendredi, c’est au tour du grand journal économique et financier britannique d’évoquer la crise du nickel en Nouvelle-Calédonie. 

Des projets mondialisés 

Au départ, un article évoquant "la hausse "spectaculaire" du nickel de 70 % depuis mars 2020." La forte augmentation des ventes de véhicules électriques a stimulé la demande de nickel, a tout d'abord indiqué le quotidien financier britannique. Le rallye du Nickel est, selon lui, alimenté par un "battage médiatique" sur les véhicules électriques. "Le marché fait face à un défi qui est celui des nouvelles sources d'approvisionnement dans les années à venir" poursuit le journal, qui se livre ensuite à un tour d'horizon des grands projets mondiaux et en filigrane, des risques à investir en Nouvelle-Calédonie.

"Pour le nickel, les nouveaux projets en Indonésie, en Afrique, au Canada et aux États-Unis devraient entraîner un excédent. La plus grande source d’approvisionnement proviendra probablement de projets soutenus par la Chine en Indonésie, qui prévoient d'utiliser un processus appelé lixiviation acide à haute pression pour séparer le nickel et le cobalt afin de répondre à la demande de l'industrie des véhicules électriques. Un projet, dirigé par le chinois Lygend, devrait entrer en production cette année" (le métallurgiste chinois aurait aussi un bureau de représentation à Nouméa ndlr.)

Le FT et la Nouvelle-Calédonie

Dans son article, publié vendredi 22 janvier en soirée, le journaliste Henry Sanderson déclare "Il y a des risques pour les perspectives d'approvisionnement. L'année dernière, des manifestants en Nouvelle-Calédonie, un territoire français du Pacifique Sud, ont attaqué une mine appartenant au Brésilien Vale qui a accepté de vendre son actif calédonien à un consortium comprenant le négociant en matières premières basé en Suisse Trafigura."

"En octobre, la Nouvelle-Calédonie a voté le rejet de l'indépendance de la France lors d'un référendum, mais la colère grandit contre les sociétés minières étrangères. De nouveaux troubles pourraient prolonger la fermeture de la mine de Goro et toucher d'autres personnes sur l'île. "Tous les paris sont ouverts si cela continue", a déclaré un négociant en nickel. "L'île est une poudrière". Les articles du FT vise à informer les investisseurs sur la situation politique des pays que le journal considère comme étant "à risques" pour les capitaux. La description qui est donnée, avec la citation finale d'un négociant de Londres, classe le Territoire parmi les pays qui ne sont pas "business friendly" mais "risky business"; en tout cas pour le Financial Times.

Une ligne éditoriale favorable à l'économie de marché

Le Financial Times de Londres est un ardent défenseur de la mondialisation libérale. Le journal soutient le multilatéralisme et la coopération internationale au détriment de l'isolationnisme ou de l'unilatéralisme. Il s'oppose au protectionnisme et est favorable au libre-échange et à l'abaissement des droits de douanes. Le journal compte plus d'un million d'abonnés dont près d'un tiers est installé au Royaume-Uni. La version papier est tirée à 163 000 exemplaires. Le Financial Times est particulièrement lu par les élites économiques et financières en Europe, en Asie et aux Etats-Unis.  

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Couverture du Financial Times ©Nicklas Hallen AFP



 

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