Numérique, sexualité, sensibilisation et prévention: Hélène Pichot, directrice adjointe de l’Agence sanitaire et sociale, invitée de la matinale

invités de la rédac
Hélène Pichot
Dr Hélène Pichot, directrice adjointe de l'agence sanitaire et sociale. ©NC La 1ère
L’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie (ASSNC), en partenariat avec Mobilis by OPT, a lancé le 21 juillet la deuxième phase de la campagne de communication sur les dangers du numérique sur la santé sexuelle. Le docteur Hélène Pichot, directrice adjointe de l’ASSNC, a détaillé les grands axes de cette vaste campagne de sensibilisation. Elle était l’invitée de la matinale le jeudi 28 juillet.

En Nouvelle-Calédonie, 98,2% de la population dispose d'un téléphone portable et 69,7% de la population est connectée à travers les réseaux sociaux. En particulier les jeunes qui passent en moyenne quatre heures par jour sur Internet. Cette surexposition aux écrans entraine de nouvelles pratiques, que ce soit la consommation de contenu pornographique, les échanges érotiques accompagnés de contenu ou encore l’utilisation d’image d’autrui sans son consentement et pouvant porter atteinte à l’intégrité de la personne. Alors pour sensibiliser les Calédoniens, l’Agence sanitaire et sociale a lancé le 21 juillet dernier une vaste campagne de sensibilisation. "Depuis quelques années, des alertes nous sont remontées par des associations qui interviennent dans les collèges et les lycées sur l’évolution des comportements des jeunes entre eux, imprégnés par ce qu’ils peuvent voir sur les réseaux sociaux notamment", explique Hélène Pichot, directeur adjointe de l’agence sanitaire et sociale.

4 jeunes sur 10 ont déjà consulté des contenus pornographiques sur Internet

Dans le viseur de l’ASSNC : les parents et les jeunes. L’objectif ? "Leur ouvrir les yeux sur les problématiques de notre société actuelle et inciter les familles à se parler", indique Hélène Pichot, en les sensibilisant sur la sexualité, la pornographie, l’accès aux écrans, qui ne sont pas "des sujets faciles à aborder avec des jeunes car c’est assez sensible et intime". Et pourtant les conséquences d’un mauvais usage d’Internet sont nombreuses. Selon le baromètre santé jeunes de 2019, 4 jeunes sur 10 ont déjà consulté des contenus pornographiques sur le web. "Lorsqu’un jeune a accès à des dispositifs digitaux type tablette, smartphone ou ordinateur, et qu’il n’y a pas de filtres ni de contrôle parental, c’est assez facile d’avoir accès à des contenus qui ne leur sont pas dédiés", souligne-t-elle.

Sensibiliser dès le plus jeune âge

Pour un usage responsable, des nouveaux outils de communication sont proposés par l’Agence sanitaire et sociale en partenariat avec l’OPT. Il s’agit de jeux éducatifs, de vidéos de prévention et de tutoriels qui apportent des conseils aux parents et à leurs enfants. Trois grands thèmes sont abordés :

  • Le contrôle parental pour limiter l’accès aux sites pornographiques
  • L’influence de la pornographie sur le comportement des jeunes
  • L’utilisation frauduleuse de l’image d’autrui

Pour Hélène Pichot, il est important de sensibiliser et d'éduquer aux problématiques du virtuel dès le plus jeune âge. "On sait malheureusement que les enfants sont exposés aux écrans avant l’âge de 3ans alors qu’il ne le faut pas car ils ont des cerveaux qui ne sont pas faits pour suivre cette mobilité des yeux et cela va se faire au détriment des autres développements de l’enfant". Des retards scolaires sont en effet constatés sur des enfants de maternelle qui sont trop exposés aux écrans.

Une campagne visible sur les supports digitaux

Les vidéos sont visibles sur Youtube, Facebook, Instragram et sur les sites internet : www.mobilisez-vous et www.santepourtous.nc. Des grandes affiches publicitaires sont également visibles dans le Grand Nouméa pour sensibiliser la population aux risques liés au numérique et diffuser les bonnes pratiques.

Entretien complet avec Sheïma Riahi à retrouver ici.