Papouasie : L'Indonésie accuse les pays du Pacifique d'ingérence

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Nara Masista Rakhmatia, membre de la mission permanente de l'Indonésie auprès des Nations unies.
Nara Masista Rakhmatia, membre de la mission permanente de l'Indonésie auprès des Nations unies. ©UN Web TV
Six pays de la région ont profité de la 71e Assemblée générale des Nations unies, à New York, pour exprimer leurs inquiétudes au sujet des violations des droits de l'homme dans les provinces papoues d'Indonésie. Des critiques « politiques », dénonce Djakarta.

 

Lors du dernier sommet du Forum des îles du Pacifique à Pohnpei, en Micronésie, la question papoue avait à peine été abordée, éclipsée par l'intégration de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Elle a, en revanche, été au centre des interventions de six dirigeants de la région à New York, lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Manasseh Sogavare, le Premier ministre des Îles Salomon, a critiqué le pouvoir indonésien : « Les violations des droits de l'homme en Papouasie occidentale et la lutte pour l'autodétermination de la province sont les deux faces d'une même pièce. De nombreux rapports insistent sur le lien intrinsèque entre le droit à l'autodétermination et les violations des droits de l'homme perpétrées en Papouasie occidentale par l'Indonésie pour étouffer toute forme d'opposition. »
 
Le Vanuatu, Nauru, les Îles Marshall, les Tuvalu et les Tonga ont aussi dénoncé la situation dans laquelle se trouvent les provinces papoues d'Indonésie - la Papouasie occidentale et la Papouasie. Ces pays du Pacifique appellent l'Onu à agir. Hilda Heine, la présidente des Îles Marshall : « Étant donné l'importance que mon pays accorde au respect des droits de l'homme, je demande au Conseil des droits de l'homme de l'Onu de lancer une enquête crédible et indépendante sur les violations présumées des droits de l'homme en Papouasie occidentale. »
 
C'est un membre de la mission permanente de l'Indonésie auprès des Nations unies, Nara Masista Rakhmatia, qui a répondu au nom de Djakarta : « Ces déclarations politiques sont destinées à soutenir des groupes séparatistes dans les provinces en question, des groupes qui troublent constamment l'ordre public et perpètrent des attaques terroristes armées. »
 
Des étudiants manifestent en faveur de l'indépendance de la Papouasie occidentale.
Des étudiants manifestent en faveur de l'indépendance de la Papouasie occidentale. ©AFP
Elle fait savoir que son gouvernement rejette les accusations de violations des droits de l'homme et elle accuse les pays du Pacifique d'ingérence. Nara Masista Rakhmatia leur reproche aussi « d'utiliser les Nations unies à mauvais escient ». Le Vanuatu et les Îles Salomon, en particulier, ne devraient pas pointer du doigt l'Indonésie alors qu'ils font face à des problèmes de respect des droits de l'homme dans leurs propres pays, fait-elle valoir : « Ces pays se servent de l'Assemblée générale des Nations unies à des fins politiques, ils cherchent à détourner l'attention des gens, alors qu'ils ont des problèmes sociaux et politiques à régler chez eux. Ces mêmes pays fondent leurs discours sur des informations fausses et inventées. »
 
Ancienne colonie néerlandaise, la Papouasie occidentale est rattachée à l'Indonésie depuis un référendum controversé, organisé en 1969 sous l'égide des Nations unies. Les indépendantistes dénoncent la manière dont le vote s'est déroulé et réclament l'organisation d'une nouvelle consultation publique.