Philippe Blaise invité politique du dimanche 5 juin 2016

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Philippe Blaise
Philippe Blaise invité du JT du 5 juin 2016 ©NC1ere
Le président du MRC, le mouvement républicain calédonien, était l’invité du journal télévisé de NC 1ere dimanche. Avec Nathalie Daly, il est revenu notamment sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Sur les discussions sur l'avenir institutionnel autour des experts au Haut-Commissariat.

Philippe Blaise avait évoqué « des comités d’initiés » (puisque toutes les forces politiques n’y sont pas conviées)  
« Par la volonté de certains, et notamment de Pierre Frogier, nous sommes mis à l’écart alors que nous estimons être représentatifs d’une partie de la famille politique loyaliste. » 
Inviter seulement les groupes représentatifs au Congrès,  « c’est une règle que je trouve un peu fallacieuse parce que nous sommes 3 élus au Congrès, nous sommes représentatifs d’une partie de la famille politique loyaliste et je trouve assez cocasse que des gens nous parlent aujourd’hui de consensus, de valeurs océaniennes, en écartant volontairement des gens qui sont issus des urnes. Je trouve que ce n’est pas bon et je ne vois pas ce qu’on peut construire comme avenir pour la Calédonie avec ces méthodes là. »
 
 

Concernant les discussions sur les valeurs océaniennes, Philippe Blaise évoque des débats fumeux 

 
« On a l’impression d’être dans des discussions un peu stratosphériques. Ce que le comité des signataires a proposé, c’est qu’on mette sur la table ce en quoi consistent les compétences régaliennes et ensuite qu’on regarde quelles sont les convergences et les divergences. Mais là on est dans une démarche voulue par les pères de l’accord de Nouméa en 1998, Alain Christnacht notamment, qui va un peu plus loin. On voit bien qu’on essaye de refaire le scenario de 98 avec un préambule d’un nouvel accord, le fameux 3ème accord que veut absolument Pierre Frogier à la place du référendum,  et tout ce débat autour des valeurs océaniennes, il vise à çà. Je n’ai rien contre les valeurs océaniennes mais je pense que 20 ans après l’Accord de Nouméa, avec l’histoire qu’on a, avec la situation économique que l’on a, on est à côté de la plaque, on est à côté des préoccupations. »
 

Des questions fondamentales

« Je pense qu’il faut, pour préparer 2018, préparer ce choix important que les Calédoniens  doivent faire, qui est constitutionnalisé, il faut répondre à 3 questions fondamentales : 
1- Est-ce qu’en Calédonie, on veut vivre dans un pays avec une justice indépendante, avec des lois qui nous protègent des abus de pouvoir, avec des média libres, ou est ce qu’on veut faire de la Calédonie une république bananière corrompue ?
2- Est-ce qu’on  veut que la Calédonie reste un pays développé, avec une vraie protection sociale, avec des retraites pour nos vieux, avec une santé de type européen, ou est ce qu’on veut qu’elle devienne un pays sous-développé comme le sont malheureusement nos voisins indépendants du Fer de Lance ?
3- Est-ce qu’on veut qu’en Calédonie, tout le monde ait les mêmes droits, quelque soient nos  origines, notre couleur de peau, ou est ce qu’on veut que dans ce pays il y ait des gens qui soient plus égaux que les autres, en l’occurrence, la communauté kanak ?
Moi, je veux qu’on réponde à ces 3 questions. »
 

Un 3ème accord à marche forcée

« Ces questions ne sont pas traitées par le comité. Il est en train de dévier de son travail, il est en train de prendre une trajectoire qui va vers un 3ème accord. Et ce 3ème accord, s’il devait survenir à marche forcée, avant que les Calédoniens aient pu se prononcer comme il est prévu par l’Accord de Nouméa pour ou contre l’indépendance, pour ou contre la souveraineté, il ne peut en l’état actuel des circonstances, qu’être un accord vers un état associé, une trajectoire vers l’indépendance. » 

 

Il faut discuter après le référendum

«  Le mandat politique qu’ont les élus indépendantistes aujourd’hui, il est extrêmement simple : c’est l’indépendance ou rien. Et d’ailleurs, même Alain Christnacht nous l’a dit. Donc, çà n’a pas de sens d’essayer de discuter avec eux tant qu’on n’a pas pu leur démontrer qu’il y a un refus de la majorité de la population d’aller à l’indépendance. Les leaders indépendantistes ne peuvent obtenir un mandat pour discuter d’autre chose que de l’indépendance que lorsqu’il y aura eu un référendum qui donne une réponse négative à la question « voulez-vous être un état souverain ? » Après çà, effectivement, on pourra se demander s’il est utile de faire un 2ème ou un 3ème référendum et on devra, parce que c’est prévu par l’Accord de Nouméa, s’asseoir autour de la table et examiner la situation ainsi créée. Mais c’est pas la même chose de discuter avant le référendum à tout prix et de discuter après le référendum. Les conditions ne sont pas les mêmes et je pense qu’après le référendum, le peuple aura tranché, le peuple aura parlé et dit ce qu’il ne veut pas et les choses seront claires.
Et ce dont on va discuter à ce moment là, ce sera non pas savoir si on deviendra un état souverain ou pas, mais par exemple comment faire en sorte que la société calédonienne soit plus juste, comment résorber les inégalités, comment faire la promotion de toutes les ethnies dans ce pays, et là effectivement, ce sont des sujets sur lesquels on pourra avoir des marges de discussion. »
 

Les positions de Pierre Frogier et Philippe Gomès

 
« Il y a des nuances importantes. Pierre Frogier, je pense, veut mettre son empreinte dans l’histoire de la Calédonie et veut montrer qu’il est capable, comme Jacques Lafleur, de faire quelque chose qui fera avancer la paix.  Je pense qu’à vouloir faire la paix à tout prix, on  peut à in moment perdre de vue l’essentiel qui est que les élus loyalistes ont été élus pas pour faire plaisir aux indépendantistes mais pour maintenir la Calédonie dans la France. Çà, moi, je ne le perds pas de vue. 
Concernant Philippe Gomès, effectivement, on voit bien qu’il dit une chose et son contraire. Il dit qu’il ne faut pas faire le référendum prévu par l’Accord de Nouméa parce qu’il est dangereux, il y aura un perdant.  Mais on va quand même faire un référendum pour ou contre l’indépendance, mais comme on l’aura fait de façon consensuelle en se mettant d’accord entre nous, au moins les indépendantistes ne seront pas fâchés de l’avoir perdu. 
Tout çà, c’est un peu confus, on sent que c’est un peu de la posture politique. « 
 

 

Election présidentielle

Concernant les primaires des Républicains pour l’élection présidentielle, Philippe Blaise a indiqué que sa préférence allait à Alain Juppé.