Des photographes et vidéastes en expédition dans le parc naturel de la mer de Corail

Tôt ce jeudi matin, six spécialistes de l'image sous-marine ont embarqué à bord d'un catamaran. Pendant douze jours, ils immortaliseront la beauté de la plus grande aire marine française protégée. 
L'opération est orchestrée par le gouvernement et sa direction des affaires maritimes. Cette expédition est destinée à valoriser la biodiversité du parc naturel de la mer de Corail, un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. "On part du principe que l'on a très peu de photos non-scientifiques du parc et de la réserve. On a un réel manque en terme d'images pour pouvoir communiquer et sensibiliser" explique Thierry Canteri, le directeur des affaires maritimes. 
 

Une mission qui fait débat



Début novembre, le gouvernement a lancé un appel à candidature pour réaliser une campagne d'images et de vidéos.
"Ce sont des espaces interdits d'accès donc on ne pouvait pas demander à quelqu'un d'y aller pour faire des prises de vues. Nous avons donc décidé d'organiser et de prendre en charge cette expédition" explique le directeur des affaires maritimes. 

Mais cet appel à candidature a vivement fait réagir l’Union Nouvelle-Calédonie de la Fédération française des photographes et des métiers de l’image. En effet, de nombreux photographes ont dénoncé certaines mentions dans les documents à remplir : ces derniers stipulaient qu'aucune rémunération ne serait prévue pour les photographes et les vidéastes de l'expédition.

"Nous, on a un métier qui est méconnu, qui est déprécié la plupart du temps et aujourd'hui notre action est de valoriser ce métier et de faire comprendre aux professionnels que ce soient les institutions ou les entreprises, que nous avons des droits mais aussi des besoins de rémunération" explique Sandrine Desquibes, la présidente de l'Union. 
 

Dialoguer pour faire évoluer la situation


L'expédition coûte entre 2 et 2,5 millions de francs.Le gouvernement s'est engagé à prendre tous les frais de mission en charge, incluant notamment la location du catamaran, les membres de l'équipage ainsi que les repas. 

"Ceux qui sont présents sur le bateau ne voyaient pas d'inconvénients à ne pas percevoir de rémunération, ils y trouvent leur intérêt. Il faut savoir que ces photos et vidéos, ils pourront les vendre et les exploiter comme bon leur semble" indique Thierry Canteri, le directeur des affaires maritimes.

De leur côté, l'Union Nouvelle-calédonie de la Fédération française des photographes et des métiers de l’image dit vouloir ouvrir le dialogue.

"Nous voulons rencontrer les affaires maritimes, que nous avons déjà contacté par mail puis par téléphone, nous attendons un retour de leur part pour une date pour que nous nous rencontrions et afin de trouver un terrain d'entente sur les points qui nous posent problème et qui sont vraiment dévalorisants pour notre métier et nos confrères" explique Sandrine Desquibes.

Le gouvernement a commandé entre 100 et 150 photos du parc naturel de la mer de Corail. Les photographes et vidéastes devraient revenir de leur expédition le 19 décembre prochain.