Pourquoi l'agriculture régénératrice peut être une solution pour lutter contre le changement climatique

agissons pour notre climat
Agriculture regénératrice
Exploitation Agrical-Ballande à Nassandou, commune de Paita ©Caroline Antic-Martin / NC la 1ère
La chambre d’agriculture et le programme européen Protege organisent un ciné-débat sur cette technique basée sur le principe de l’enrichissement des sols.

Dans l’exploitation Agrical-Ballande à Nassandou, on peut voir un champ de maïs actuellement en jachère. L'agriculture régénératrice est un remède très efficace contre le réchauffement climatique, car ces petites plantes qui poussent sur le terrain sont un véritable piège à azote. "Ici, il y a un joli couvert de Centrosema, une légumineuse qui permet de couvrir le sol. C’est très important, elle permet de capter de l’azote de l’air et ensuite de le redonner aux racines. Et quand on la broie et qu’on la remet au sol, on donne directement de la matière organique à la terre", explique Maryse Orrière, animatrice du réseau des fermes de démonstration Protege à la chambre d’agriculture.

"La plante, c'est un peu comme un iceberg"

Autre avantage de ce couvert végétal, il emprisonne le dioxyde de carbone dans le sol. Ainsi enrichie, la terre est non seulement plus fertile, mais aussi beaucoup plus résistante aux aléas climatiques. Et cette technique est également bonne pour les pâturages. Dans cet élevage de 2 400 bovins, le bétail broute uniquement la partie haute de l’herbe. 

"La plante, c’est un peu comme un iceberg", précise Mathieu Naturel, responsable technique de l’exploitation. "Il y a ce qu’il y a au-dessus, que ce soit un arbre ou de l’herbe, ils fonctionnent tous pareils. En dessous, il y a le système racinaire et les deux sont souvent corrélés. On a donc plus intérêt dans nos système de rotation et nos façons de pâturer à cloisonner nos exploitations, à utiliser la partie dont on a besoin pour produire mais en laisser suffisamment pour restituer ce dont les plantes ont besoin pour continuer à s’aggrader d’années en années et à enrichir en carbone la matière organique et le sol."

Treize fermes de démonstration d’agriculture régénératrice en Nouvelle-Calédonie

Dans cette optique, tout apport organique naturel est un trésor, y compris les déjections. "Elles permettent de fertiliser les sols et d’éviter d’apporter des engrais de synthèse et donc par ces bonnes pratiques, on limite les émissions de gaz à effet de serre", détaille Chloé Fontfreyde, chargée du développement durable à la chambre d’agriculture.

"Si on augmente de 0,4% le taux de carbone dans les 40 premiers centimètres du sol, on va réduire de manière conséquente le carbone dans l’atmosphère et donc les effets du changement climatique. Ce sont des initiatives qui montrent que l’agriculture a un rôle crucial à jouer dans le changement climatique."

La Nouvelle-Calédonie compte déjà 13 fermes de démonstration d’agriculture régénératrice pour former les exploitants et généraliser ces bonnes pratiques. 

Séance ciné-débat mercredi 4 août à 18h à l'UNC

Un reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry