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Un insecte ravageur dans les cocotiers d’Ouvéa

environnement ouvéa
Insecte ravageur cocotier Nouméa
©CANC
Le Brontispa a été découvert dans des cocotiers dans la tribu de Banutr. Cet insecte peut provoquer de gros dégâts. Un plan d’action pour lutter contre ce nuisible sur l’ile est donc lancé.
Le Brontispa longissima appelé aussi hispine du cocotier est un insecte de la famille des Chrysomèles. Il a été repéré dans la tribu de Banutr en septembre dernier, ce qui inquiète les autorités et les habitants.
En effet, il provoque des dégâts importants sur les arbres, une forte infestation peut provoquer des pertes de rendement, et chez des plants faibles, vieux ou très jeunes, il peut provoquer la mort de l’individu.
Le Brontispa, originaire d’Indonésie, se nourrit de l’intérieur des feuilles encore fermées. Les feuilles attaquées sèches et brunissent avec de la sciure. 
Cocotier attaqué par Brontispa
©Wadra/CANC
 

Ouvéa jusqu’ici préservée

Présent sur la Grande terre depuis au moins 1940, installé également à Lifou depuis longtemps, il est présent à Maré depuis cinq ans, mais Ouvéa était jusqu’ici préservée. 
Il s’agissait donc de réagir très vite, d’autant que le cocotier est un élément important de la culture et de l’économie d’Ouvéa. Outre les usages traditionnels, une filière existe sur l’ile avec le coprah, l’huile de coco, ou la savonnerie. 
Producteurs, habitants, techniciens, experts et institutions se sont donc réunis dans le cadre d’un comité technique sanitaire coordonné par la Chambre d’agriculture, en février puis en avril.
Un plan d’action a été mis en place avec des mesures immédiates et à moyen terme.
Des brontispa dans une foliole de cocotier
©Pastou/CANC
 

Tenter l’éradication

Il s’agit tout d’abord de tenter d’éradiquer l’insecte en détruisant la cinquantaine de cocotiers touchés sur quelques dizaines d’hectares.  Il faut aussi surveiller que les symptômes ou les insectes n’apparaissent pas sur d’autres plants ou dans d’autres zones de l’ile. La population est notamment mise à contribution pour cette surveillance qui s’annonce difficile, le Brontispa vivant bien caché au coeur des feuilles. 
 

Eviter la dissémination

Pour éviter que Brontispa ne se diffuse dans le reste de l’île, il est important que la population ne transporte pas de cocotiers ou d’autres palmier de Banurr vers le reste de l’Ile. De même, il faut éviter d’emmener tout cocotier qui proviendrait de Lifou, Maré, ou la Grande Terre. 
Brontispa cocotier Ouvéa
©CANC

La lutte biologique

Il s’agit aussi de faire appel à des auxiliaires naturels. Ainsi, certains insectes ou champignons s’attaquent à des ravageurs, permettant un contrôle naturel des populations, en permettant d’équilibrer l’écosystème. Les techniciens essayent de repérer de telles espèces à Ouvéa. Dans le cas contraire, il pourrait être envisagé d’en introduire sur l’ile.
On connaît par exemple sur la Grande Terre un insecte parasite, le Testrastichus brontispae, introduit dans les années 60, qui pond ses œufs dans les larves de Brontispa. 
D’autres insectes sont également utilisés en Chine ou en Polynésie française. 
Quoi qu’il en soit, la lutte s’annonce longue et ne pourra se faire qu’avec la collaboration et la vigilance de toute la population. 
Les explications de Sophie Tron, Responsable du Groupement de défense Sanitaire Végétale de la Chambre d’agriculture, jointe par Jeannette Peteisi. 
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