A Lifou, une journée pour parler des dangers des écrans et des violences conjugales

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Journée de la famille, samedi 14 mai, à Hnathalo
Pendant que les enfants ont été sensibilisés aux dangers des écrans, sur le terrain de football, les adultes ont notamment été sensibilisés aux violences conjugales. ©Clarisse Watue / NC la 1ère
Quels sont les dangers des écrans pour les enfants ? Comment sensibiliser les familles aux violences conjugales ? Ces problématiques et d'autres ont été abordées, samedi 14 mai, à Drehu. Une soixantaine d'adultes, d'enfants et de professionnels ont participé à une Journée de la famille ludique.

"Qui a une tablette à la maison ?", demandent aux enfants présents les animateurs. Samedi 14 mai, ils sont venus faire de la sensibilisation aux dangers des écrans, à l'occasion d'une Journée de la famille organisée à la tribu de Hnathalo, à Lifou.

Pendant ce temps, les adultes sont sous le préau. Ils suivent une intervention du réseau périnatal sur l’importance des 1 000 premiers jours de l’enfant, soit de la fécondation jusqu’à ses 2 ans. La majorité des participants sont des mamans, des mères de famille, des jeunes filles, des grand-mères. Parmi les sujets abordés, un rappel : pendant la grossesse, il ne faut consommer ni alcool ni cannabis.

De bébés déjà porteurs de troubles

Les débats se sont surtout focalisés sur les violences que subissent les femmes, y compris celles qui sont enceintes. "Sur 10 enfants qui ont été évoqués, huit étaient déjà porteurs du trouble du neurodéveloppement. C’est-à-dire un développement qui n'est pas tout à fait normal. C'était des enfants qui étaient entre deux et 10 mois d'âge de vie", observe Sandrine Camuzeaux, sage-femme du réseau périnatal. "Ces désordres, si on ne les corrige pas rapidement, ils peuvent être irréversibles et créer, après, des parents, des messieurs et des dames (…) qui, eux-mêmes, seront violents."

Une calédonienne sur quatre est victime de la violence

Les violences conjugales sont un sujet encore tabou, dans les tribus, constatent les participants. "J'encourage les mamans. Dans la vie il faut savoir souffrir, mais ne pas non plus trop garder. Il faut évacuer, mais pas dans l'alcool, le kava ou le cannabis. Ce ne sont pas des solutions. Il faut beaucoup dialoguer et en parler autour de nous", témoigne Waipio Luewadria, mère de famille de la tribu d'Hapetra.

Dans le pays, une calédonienne sur quatre est victime de la violence. Une statistique qui empire, chaque année.