Assises : Jean-Louis Boula condamné en appel à huit ans de prison pour viol

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Assises
La salle des assises du tribunal de Nouméa. ©Gaël Detcheverry
Au second jour de son procès en appel devant la cour d'assises de la Nouvelle-Calédonie, Jean-Louis Boula a été à nouveau reconnu coupable du viol d'une jeune femme à Lifou en 2018. Il écope d'une peine plus lourde qu'en première instance en octobre 2020, et au-delà de celle requise par l'avocate générale : huit ans de prison.

Huit ans de prison

Le verdict a été rendu en tout début d'après-midi. L'accusé jugé en appel devant la cour d'assises a été condamné à huit ans de prison, et cinq ans d'inéligibilité pour le viol d'une enseignante en 2018, à Lifou. En première instance, Jean-Louis Boula, fils du grand chef de Lössi, a été condamné à sept ans d’emprisonnement. Et ce mardi matin, l'avocate générale a requis à son encontre une peine similaire. La décision qui vient d'être rendue va donc au-delà. Jean-Louis Boula a maintenant cinq jours pour se pourvoir en cassation.

Les réactions

"C'était très très pénible pour ma cliente d'entendre encore ce procès. Il a été condamné une première fois, elle avait été reconnue victime. Nous avons dû revenir, recommencer, resupporter la difficulté d'être à la barre et de raconter son histoire devant les gens, mais elle est courage", a réagi Me Laure Chatain, avocate de la partie civile. "Elle est courageuse. La manipulation qu'a tenté de faire Monsieur Boula n'a pas fonctionné. Il a été reconnu coupable, ils ont même alourdi la peine. Peut-être que c'est en réponse à cette tentative de duper la cour d'assises"

"Nous avions mesuré les risques avant d'interjeter appel. La ligne de défense de Jean-Louis Boula a toujours été identique, depuis le début, à savoir clamer son innocence. Cela a été dit et redit, au cours de cette audience. Malheureusement, la cour d'assises n'a pas suivi notre argumentaire. Pour autant, nous sommes très satisfaits d'avoir interjeté appel et d'avoir maintenu la ligne de défense de Jean-Louis Boula", a commenté Me Barbara Brunard, avocate de la défense, en compagnie de Me Laurent Calmet.

Un message lancé aux autres victimes de violences sexuelles

En alourdissant la peine d'un an, sans doute les jurés ont-ils également souhaité adresser un message fort à toutes les femmes victimes de violences sexuelles. "Il y a 90% des viols qui ne donnent pas lieu à des plaintes. Cela va peut-être leur donner le courage de dire 'voilà, il faut dénoncer les choses'. Tant que nous ne les dénonçons pas, tout qu'on ne bénéficie pas d'une procédure, on a du mal à se redresser et à se relever", avance Me Laure Chatain.

Peine équivalente requise par l'avocate générale

Plus tôt dans cette seconde journée de procès, l'accusation a estimé, comme Me Chatain, avocate de la partie civile, que le viol ne fait pas de doute, puisque la victime était endormie au moment des faits et n’a jamais manifesté son consentement à une relation sexuelle. Et Me Chatin a renchéri en s’adressant à la cour : "Elle est venue remettre entre vos mains son honneur, son avenir, sa vie".

15 ans de réclusion criminelle encourus

De leur côté, Me Calmet et Me Brunard, pour la défense, ont au contraire maintenu que la relation sexuelle a été consentie ou du moins, "interprétée comme telle, par Jean-Louis Boula". Depuis son interpellation en septembre 2018, le jeune homme clamait son innocence. "Je suis innocent", ont d’ailleurs été ses dernières paroles, à l’issue des plaidoiries. 

Les jurés se sont ensuite retirés pour délibérer et répondre à la question : Jean-Louis Boula est-il coupable, par violence, contrainte, menace ou surprise, d’avoir commis un acte de pénétration sur la victime ? Il encourait jusqu'à quinze ans de réclusion.

Retrouvez, ci-dessous, le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry :

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