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Les butineuses de Lifou sont en berne

agriculture Lifou
Abeilles Lifou 2
©José Solia
Depuis un peu plus d'une semaine, les abeilles de Lifou se meurent avant d'atteindre les ruches. Un phénomène inhabituel qui inquiète les apiculteurs de l'île. 
 
[MISE À JOUR AVEC SUJET TÉLÉ]
« Voici le triste constat que nous faisons depuis une dizaine de jours. Nos butineuses paraissant bien perturbées au retour de leur périple et finissent par mourir au sein du rucher. Autour et à proximité des ruches, des tapis de cadavres se forment », témoigne sur les réseaux sociaux Prisca Sinemaja, apicultrice de Lifou.Sur l'île, plusieurs professionnels tirent la sonnette d'alarme. Car leurs petites protégées sont éprises de tremblements et tombent avant d’atteindre les ruches. Une mortalité précoce et anormale en œuvre dans trois zones précise de l’île, à Waihmene, Nathalo et Luengöni. 

Des prélèvements ont été effectués par le centre de promotion de l’apiculture et le réseau d’épidémie-surveillance apicole. Les services sanitaires de la Province des îles sont quant à eux également mobilisés. « C’est un problème avec les abeilles de l'extérieur, lorsqu’elles reviennent, aux alentours des ruches et du rucher, on voit des spécimens tremblants sur les herbes », témoigne Philippe Xuma, ancien technicien apicole et co-gérant de la case du miel à Lifou. 
Miel Abeilles ruches Lifou
©José Solia
 

Quelle(s) cause(s)? 


« Je pense plutôt à des intoxications ciblées par rapport à un lieu donné, dûes à une utilisation d’insecticides ou de pesticides. Concernant ces produits, il a des rémanentes de quinze jours. Malgré tout il y a toujours la rentrée de pollen et de nectar, les colonies sont belles et la qualité sera toujours là. Mais certains sont apiculteurs sur l'île depuis plus de dix ans et c’est la première fois que l’on observe ce phénomène », s’inquiète le professionnel. 

Six apiculteurs dans trois zones sont concernés, à Waihmene, Nathalo et vers Luengöni. Des analyses sont actuellement diligentées sur le territoire. Selon le gouvernement, « le premier recensement des ruchers touchés, ainsi que l'examen clinique des ruches, n'ont pas permis de déterminer la cause de ces mortalités ». Certains échantillons sont envoyés jusqu'en Nouvelle-Zélande et les résultats devraient être rendus sous un mois. 

Un arrêté de mise sous surveillance des exploitations apicoles de l'île sera pris prochainement par le gouvernement, afin de « limiter au maximum le risque de diffusion d'une éventuelle maladie des abeilles, en attendant les résultats d'analyse ». En parallèle, les apiculteurs de Lifou vont être sensibilisés aux risques et au respect des mesures résultant de la mise sous surveillance. 

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Le reportage radio de Malialosa Falelavaki

Abeilles Lifou

Miel Abeilles ruches Lifou
©José Solia


Primé pour sa qualité


Les spécialistes du Caillou ont décroché en février dernier deux médailles au salon de l’agriculture 2019. Ce sont d’ailleurs deux producteurs basés à Lifou qui ont été récompensés pour la qualité de leur miel, avec une médaille d’or pour le miel foncé de Jules Usiké de la tribu de Hnamémuatra et une médaille d’argent dans la catégorie miel tropical clair, pour les « Trésors de l’île », situé à Wé. 

La flore typique du nectar Calédonien en fait la diversité et la richesse. 47% de la production est issue de la zone grand Ouest, 15% du Grand Nord et 11% de Lifou. En dix ans, la production annuelle de miel à doublé. Le cheptel apicole Calédonien compte actuellement 12000 ruches. 
 

Niveau de pollution en étude


En juillet dernier, un professeur Australien testait les ruchers des apiculteurs sur le territoire, afin de déterminer notre niveau de pollution atmosphérique. « J’ai pour cela placé une surface de plastique sur laquelle je vais calculer la dose journalière de poussière », assurait alors le scientifique Mark Taylor. L’atmosphère et les sols, contaminés par le nickel, le chrome mais aussi par les particules fines, auraient un impact sur les abeilles selon le spécialiste. Les spécimens pourraient d’ailleurs être utilisés comme bio-indicateurs, puisqu’ils filtrent la pollution. 

D’ici la fin de l’année, le professionnel devrait élaborer un réseau, à partir d’une cartographie des cinq cent ruchers déclarés à Nouméa. L’occasion de déterminer les niveaux de pollution selon les quartiers.
Le reportage à Lifou de Thérèse Waïa et José Solia 
©nouvellecaledonie
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