Les pêcheurs des Îles inquiets pour leur avenir

pêche lifou
Photo type de pêche à l'hameçon.
©Eclairages
Les pêcheurs professionnels des Loyauté regroupés en association alertent la province. Ils estiment que les conventions ne sont pas respectées et que la filière est en danger.

La filière pêche est en danger aux Loyauté. Elle rencontre de nombreuses difficultés. Depuis trois mois, les pêcheurs ne sont plus payés par l’UCPM (l’unité de conditionnement des produits de la mer), faute de trésorerie. Ce lundi 2 août, l’association des pêcheurs de Lifou l’a fait savoir à la Direction du développement économique. En mai dernier, ils avaient fait part de leurs propositions à la province pour développer la filière. Pour l’heure, ils n’ont obtenu aucune réponse. 

pêche Lifou
©Alain Talabaza

La prime à la production pas versée depuis deux ans

Frédéric Canovas est l’un des huit pêcheurs professionnels très actifs sur Lifou.
"J’ai un manque à gagner entre 500 000 et 600 000 francs déjà depuis un mois et demi" explique-t-il. "On a des gros soucis aujourd’hui avec les conventions qui nous lient avec la province des Îles, qui ne sont pas respectées depuis déjà deux ans. Des problèmes de règlement du produit de notre pêche avec la poissonnerie qui n’a aujourd’hui plus de trésorerie".  

Selon l’association, la province n’a pas versé la prime à la production à l’UCPM de 2019 à 2020. La collectivité paye 325 francs CFP par kilo de poisson vendu.
" Moi, personnellement, je dépense 20 000 à 30 000 francs d’essence par sortie. Donc si je ne peux plus payer cette essence, je vais être obligé de rester à terre, et avoir un bateau qui va me coûter de l’argent, que je ne pourrais plus utiliser" déplore Frédéric Canovas. 
L’essence et la révision complète de son bateau lui coûtent entre 150 000 et 200 000 francs CFP par mois, sans compter la location de l’emplacement de son bateau. 

Retour de pêche à la marina de Wé à Lifou
Retour de pêche à la marina de Wé à Lifou ©Clarisse Watue

"On va se remobiliser"

Un autre rendez-vous est prévu avec la Direction du développement économique vendredi 6 août.  
"Si ça n’avance pas, parce qu’on est vraiment dans une situation d’urgence, on va se mobiliser la semaine prochaine. Je ne sais pas encore par quel moyen, mais ce qui est sûr, c’est qu’on va se remobiliser la semaine prochaine".   
Les professionnels de Lifou pêchent entre 15 et 20 tonnes de poissons par an.