Avec les médiateurs coutumiers de proximité de Lifou

sécurité lifou
Médiateurs coutumiers de proximité Lifou
©Caroline Antic-Martin/NCla1ère
A Lifou, trois médiateurs coutumiers de proximité veillent sur la zone de Wé. Un dispositif de surveillance souhaité par le conseil coutumier de l'aire Drehu. Ce programme a vu le jour grâce à un partenariat entre la province des Îles, la mairie de Lifou, l'Etat et les autorités coutumières.
Depuis quinze jours, les abords de ce supermarché de Wé sont beaucoup plus tranquilles, grâce à la présence quotidienne de Léon, Christopher et Michel, les premiers médiateurs coutumiers de proximité.
« Notre rôle ici, c’est de veiller un peu sur la sécurité du magasin, des clients, gérer la circulation, aider les vieilles à prendre des sacs, stopper les incivilités et essayer de faire que la sécurité prime dans les lieux où il y a les commerces » explique Léon Kazone, l’un des médiateurs coutumiers. 
« Mettre des agents comme ça c’est vraiment super. Moi, je suis handicapée, ils viennent de m’aider pour embarquer ma marchandise. Qu’est-ce qu’on demande de plus ? » réagit, ravie, Marie-Laure Bolé, une habitante de Lifou. 
Médiateurs coutumiers de proximité Lifou
©Caroline Antic-Martin/NCla1ère
 

Faire passer des messages aux jeunes

Quand ils ne sont pas devant les commerces, Léon, Christopher et Michel circulent à vélo entre la zone artisanale de Pinyp et la marina de Wé. Leur mission : informer, conseiller et prévenir les incivilités, en particulier, celles commises par les jeunes.  
Direction le lycée pour voir si tout va bien. Ni gendarmes, ni policiers, les médiateurs se servent de la parole et de leur image positive pour faire passer des messages importants.
« On est comme des grands frères, je veux bien leur faire comprendre pourquoi il ne faut pas jeter les déchets, pourquoi il ne faut pas consommer de l’alcool quand tu es à l’école… Parce que nous, on est passés par là aussi et on voit que ça empêche de bien apprendre, bien étudier… » explique Michel Hnailolo, médiateur coutumier. 
Médiateurs coutumiers de proximité Lifou
©Caroline Antic-Martin/NCla1ère

Résultat : la présence quotidienne des médiateurs est très appréciée par le corps enseignant.
« Cela répond à une demande, à des attentes très fortes de l’établissement, notamment au moment des grandes sorties du mercredi après-midi ou le vendredi après-midi. La présence de ces jeunes dissuade un petit peu nos lycéens » commente Gilles Ukeiwé, le proviseur du lycée Williama Haudra.
 

Respecter l’environnement 

Autre mission importante : ramasser les déchets. Peu importe la tâche, l’essentiel est d’être utile à la population.
«  Ça me permet de rester ici, de voir un peu l’évolution de mon île, de ma tribu, et montrer un exemple à la jeunesse. La moindre des choses, c’est de respecter le lieu, l’environnement » explique Christopher Siapo.
Médiateurs coutumiers de proximité Lifou
©Caroline Antic-Martin/NCla1ère
 

Un partenariat entre les institutions

Les missions de Christopher, Léon et Michel s’inscrivent dans le cadre d’un dispositif prévu par le code civil coutumier de 2006.
« Dans le code civil, il y a la police coutumière. Et pour sa mise en place, on s’est toujours confronté avec la justice française parce que la police appartient à l’Etat. Il aura fallu que la province, la commune et le sous-préfet ici à Lifou s’entendent avec nos conseillers coutumiers pour répondre à la population de Drehu » explique Roland Nyikeine, chargé de mission au conseil coutumier de l’aire Drehu. 
Médiateurs coutumiers de proximité Lifou
©Caroline Antic-Martin/NCla1ère

Dans le cadre ce partenariat, les médiateurs sont recrutés par le conseil coutumier, encadrés par la mairie et rémunérés par l’État.
« Ils sont financés par des contrats Etat qu’on appelle des chantiers de développement local. Sur un temps complet, ils sont rémunérés à peu près entre 90 000 et 96 000 francs CFP par mois » explique Corinne Verrechia-Blanchard, secrétaire générale de la subdivision îles Loyauté. « Ils ont des contrats à mi-temps. Ça permet de couvrir la période de juillet à fin décembre pour pouvoir après rebondir sur ce même dispositif, mais par le biais de services civiques »

En janvier, trois ou plus médiateurs coutumiers prendront la relève de Christopher, Léon et Michel ici à Lifou mais aussi peut-être  à Ouvéa et Maré, très intéressées par ce dispositif de proximité.
Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry 
©nouvellecaledonie
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