Les assises examinent le féminicide de Maureen

justice houaïlou
Houailou : marche blanche contre les violences
Quelques semaines après la mort de «Momo», une marche avait lieu à Houaïlou pour dénoncer le drame et son traitement. ©M.P.
La session d’assises en Nouvelle-Calédonie se poursuit ces lundi et mardi avec le procès pour coups mortels aggravés d’un homme de 38 ans. Il est accusé d’avoir battu à mort sa compagne avant de prendre la fuite. C’était en février 2019, à Houaïlou.
C’est une mort qui a soulevé l’indignation. Et quelques mois avant le drame, en 2017, la victime avait porté plainte pour violences. A l’audience, ce lundi matin, le tribunal est revenu sur la nuit où Maureen, 28 ans, a perdu la vie. La nuit du 11 au 12 février 2019, durant laquelle la jeune femme a été retrouvée sans vie par les pompiers au domicile de son compagnon, l’accusé. 
 

Un appel pour accident de voiture

Ça s’est passé sur la commune de Houaïlou, à Karovin. Les secours étaient intervenus après l’appel, à 1h36 du matin, de la mère de cet homme, pour un accident de voiture que le couple aurait eu quelques heures plus tôt. Or, les pompiers vont constater que le corps de Maureen est couvert d’hématomes. Les gendarmes ont été par ailleurs sollicités. Le concubin, lui, prend la fuite
 

Rapidement des doutes

Sur place, les enquêteurs émettent d’énormes doutes au vu des constatations. Le corps présente déjà une rigidité cadavérique. Des hématomes de taille conséquente couvrent la victime et la voiture accidentée n’est pas dans un état si abimé, pour avoir provoqué les blessures de Maureen. 
 

En fuite

Un mandat de recherche est lancé. Malgré les barrages et les investigations, l’accusé reste introuvable. Ce n’est que trois semaines plus tard, le 4 mars 2019, grâce aux écoutes téléphoniques, que les gendarmes appréhendent l’homme à Nouméa.
 

Expertise automobile

L’enquête conclut que la jeune femme est décédée des suites de ses blessures, et qu'elles sont dues aux coups de son compagnon. A l’audience ce matin, le médecin-légiste a établi que les violences subies par la victime n’auraient pas pu provenir de l’accident de voiture. Une fracture de la côte gauche a notamment provoqué une asphyxie et par la suite, l’arrêt cardiaque de la malheureuse. L’expert automobile étaye ces conclusions médicales. Selon lui, la voiture roulait à une vitesse de dix-sept à vingt kilomètres /h, n’entraînant pas le déclenchement de l’airbag. 
 

Décrit comme très violent

Le procès devait reprendre à 14 heures. L’homme accusé de meurtre est connu comme quelqu’un de très violent, avec toutes ses compagnes. Ce soir-là, tous les voisins (des parents de l'accusé) ont entendu les violences. Personne n’est intervenu. Lui, est craint de son entourage proche, dont ses parents et son frère.

Le rappel des faits par Bernard Lassauce et Cédric Michaut :
©nouvellecaledonie

 
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