Municipales : les enjeux à Kaala-Gomen

élections kaala-gomen
Mairie de Kaala-Gomen
©Camille Mosnier
Avec onze tribus dont quatre dans la chaîne centrale, un des enjeux de Kaala-Gomen est le désenclavement des tribus. Les travaux de la transversale qui relie la côte Ouest à Hienghène ont démarré depuis 2012 et sont toujours en cours. Emprunter cette route n’est pas toujours de tout confort.
À l’intérieur d’une caisse, les 37 repas destinés aux écoliers de Oueholle. Tous les jours, David Tchouema est chargé par la mairie de les transporter jusqu’à l’école de la chaîne centrale. Pour mener à bien cette mission, Il doit prendre des précautions : d’abord une bâche pour protéger de la poussière et avoir un véhicule adapté.
« C’est mauvais la route, c’est pour ça que je monte en 4X4. Si des fois je tombe en panne sur la route, je fais quoi alors avec les gamelles ? Les gosses ils vont m’attendre là-bas et moi j’attends sur la route ? » commente le livreur. 
Kaala-Gomen vue Chaîne
©NCla1ère
 

Des travaux depuis huit ans

Pour se rendre à Ouheolle David emprunte la transversale Kaala-Gomen / Hienghène. Pour apporter les plateaux-repas sans encombres, il ne dépassera pas les 30 km/h. Les travaux de réfection de cet axe ont commencé il y a huit ans. Neuf milliards de francs CFP, c’est l’un des plus gros investissements du pays. Élargissement de la voie, gestion des eaux pluviales et stabilisation des talus, le chantier s’avère difficile.
« Au niveau des terrassements, on est quand même embêté avec les intempéries. Tout le long de la voirie, il y a la ligne électrique. Elle est sous haute-tension, donc à certains endroits on a été obligé de travailler sous coupure. Et quelques poteaux aussi qui étaient dans l’emprise de la future voirie ou futur fossé, qu’ils ont dû décaler, donc ce qui a retardé encore le chantier de six mois » « explique Ludovic Lemaistre, conducteur de travaux pour la SARL Bolliet. 
Travaux transversale Kaala-Gomen / Hienghène
©NCla1ère
 

Les repas à la cantine pas toujours au goût des enfants  

David est lui aussi en retard il a mis une heure et demie pour parcourir les 22 km qui séparent la tribu de Oueholle du village. Cette école est devenu publique en 2019. Depuis, pour les repas, la mairie travaille avec un prestataire privé basé à Voh. Au menu : samoussas, bami végétarien et yaourts. Pas toujours au goût des écoliers.
« La plupart du temps, les enfants ne mangent pas vraiment parce que c’est des trucs soit surgelés, soit des choses qu’ils n’ont jamais mangé, soit des choses trop épicées. En fait, tout est nouveau pour eux et la plupart du temps, ils ne mangent pas vraiment » regrette Aurianne Kedo, l’institutrice. « On a eu des plaintes des parents parce que les enfants ont de plus en plus faim quand ils rentrent à la maison. On leur dit que le service est fait à l’école mais que les enfants ne mangent pas vraiment à leur faim ».
Kaala Gomen école de Oueholle
L'école de Oueholle ©NCla1ère
 

La ressource en eau

Ce jour-là la mairie a livré des bouteilles d’eau , c’est l’autre problème ici. Une fois la réserve d’eau de la tribu vide,  il faut attendre au moins 24 heures pour qu’elle se remplisse et redevienne claire.
« Normalement, pas d’eau, pas d’école. Et là, aujourd’hui, la mairie a fait le nécessaire pour envoyer ce qu’il faut pour nous. A chaque fois, ils nous envoient de l’eau et ce dont on a besoin pour que l’école continue à tourner normalement. » poursuit Aurianne Kedo. 

La route doit permettre le désenclavement de quatre tribus de Kaala-Gomen. Prochainement les neuf premiers kilomètres vont être goudronnés. Ici dans la chaîne, il faudra attendre 2027 pour que la poussière laisse place au bitume.
Le reportage de Camille Mosnier et Claude Lindor
©nouvellecaledonie

 

La carte d’identité de Kaala-Gomen 

©nouvellecaledonie