Prison ferme pour les policiers responsables de l'accident mortel à Poindimié

justice poindimié
palais de justice de Nouméa, 9 mars 2022, tribunal
Au palais de justice de Nouméa. ©NC la 1ère
Deux policiers jugés au tribunal correctionnel de Nouméa, ce mardi, et reconnus coupables d'avoir causé un accident mortel le 4 décembre 2021, à Poindimié, en état d'ivresse. Alors qu'ils n'étaient pas en service, le véhicule des deux hommes a percuté de plein fouet une voiture venant en sens inverse.

Cinq ans de prison pour le conducteur, dont deux avec sursis. Trois ans pour le passager, dont un an avec sursis. Avec obligation de soins. C'est la décision qui a été prononcée ce mardi 27 septembre, au tribunal correctionnel de Nouméa, envers les auteurs de l'accident mortel survenu le 4 décembre 2021 à Poindimié. Ces deux policiers - qui n'étaient pas en service au moment des faits - ont été reconnus coupables d'homicide et de blessures involontaires devant une salle pleine, notamment d'agents en uniforme ou en civil. Le conducteur retourne au Camp-Est, tandis que l’autre mis en cause rencontrera le juge d’application des peines.

"Une catastrophe annoncée"

Quelques heures plus tôt, la présidente du tribunal évoquait "la chronique d'une catastrophe annoncée" puisqu'avant l'accident, les deux hommes s'alcoolisaient depuis plusieurs jours. Délégués syndicaux, en poste à Nouméa pour l'un et à Koné pour l'autre, ils décident de rejoindre ensemble la province Nord. Et après deux soirées arrosées, le jour J, le café est rapidement bu, avant de laisser place à la bière, au vin et au rhum. Ils embarquent d'ailleurs l'alcool avec eux, dans la voiture. 

Plus de trois grammes pour le conducteur

Quand le conducteur perd le contrôle de son véhicule dans l'après-midi, il présente 3,19 grammes d'alcool par litre de sang. Son passager, deux grammes par litre. Et après un virage sec, à une vitesse inadaptée, le choc frontal est brutal. Une femme de 66 ans meurt, malgré l'arrivée rapide des secours. Et pour les deux rescapés, les blessures resteront à vie. Hospitalisation, interventions chirurgicales, rééducation. L'homme au bassin cassé ne peut plus pêcher et chasser. Il doit se contenter de sa petite retraite et ne peut subvenir aux besoins de sa famille.  

Conseil disciplinaire

Le procureur a évoqué "la responsabilité accablante de deux fonctionnaires de police en capacité de narguer la loi qu'ils sont censés faire respecter". Le passager, qui était le propriétaire du véhicule, est rendu complice du délit de conduite sous état alcoolique pour avoir remis les clés à son collègue et l’avoir laissé conduire. A noter qu'au vu de leurs antécédents avec l'alcool, qui a eu des répercussions dans leur vie personnelle et professionnelle, ils auraient pu écoper d'une peine plus lourde. A savoir sept et cinq ans de prison. Leur comportement ternissant l'image de la police nationale, ils ont par ailleurs été convoqués en conseil disciplinaire, au risque d'une révocation.