Une solution provisoire pour maintenir les urgences de l’hôpital de Poindimié

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Hôpital Raymond Nebayes Poindimié
Hôpital Raymond Nebayes à Poindimié ©Centre hospitalier du Nord
Les urgences pourront fonctionner normalement pendant deux semaines au centre hospitalier de Poindimié. Une solution d’urgence a été trouvée grâce au volontariat de médecins du CHT. Mais le problème de fond persiste.

Une solution provisoire a été trouvée au centre hospitalier de Poindimié, pour maintenir les urgences ouvertes. La direction avait annoncé vendredi sa décision de fermer dès ce lundi les urgences de l’hôpital, les nuits et le week end, l’établissement ne disposant que d’un seul médecin. Le problème est réglé provisoirement. Des médecins du CHT monteront, tour à tour, assurer les urgences. En attendant, la situation de pénurie médicale devient aiguë dans le Nord. 

Un manque d’attractivité

 Si le problème touche maintenant les médecins dans le centre hospitalier Raymond Nebayes, cette pénurie médicale avait commencé avec les infirmiers, souligne le directeur du CHN, Joachim Tutugoro.
" Il y a quand même deux services qui ont été fermés à Poindimié, les soins de suite et la rééducation. Tout ça parce que les infirmiers, on n’en a pas assez. Et cette année, début avril, on a du fermer le service de rééducation. Mais là, c’est faute de médecins surtout".   
Difficile aussi de recruter, lorsque l’une des raisons du manque d’attractivité pour le Nord est l’insécurité, souligne Joachim Tutugororo.
" Je reviens de Polynésie. Ils ont un petit peu moins de soucis que nous pour recruter parce qu’il y a quand même l’image générale aussi de la Polynésie qui est positive. La Polynésie attire mieux parce qu’ils bichonnent aussi, ils font attention par rapport à l’insécurité. C’est pour ça que nous, on a du mal aussi à recruter. C’est l’un des problèmes qui se posent".  

Plus de médecins locaux

Le directeur du CHN aborde également la question de la formation de professionnels de santé originaires du pays.
" Ça nous interpelle tous. Tout le monde pense que c’est inadmissible, mais ça doit nous poser les bonnes questions. Les médecins, il faudrait qu’on y aille aussi dans les formations. Il y a pas mal de mesures d’aide qui ont été prises par tous les gouvernements successifs et il faudrait mettre beaucoup plus de médecins dedans. Qu’est ce qu’on fait ? Où sommes-nous ?"

Poindimié et Koumac, les "dernières digues" 

En attendant, les urgences au CHN de Poindimié sont assurées pendant 15 jours, nuits et week end. Plusieurs médecins du CHT vont venir assurer les permanences en renfort. La direction et les autorités devront trouver des solutions pour la suite.
Pour Joachim Tutugoro, "les hôpitaux de Koumac et de Poindimié sont les dernières digues. On n’a plus de présence médicale dans les dispensaires ou très peu ce qui fait que les populations viennent à Koumac ou à Poindimié. Et si ces deux digues cèdent, c’est Koné qui cédera dans les deux jours derrière. Et si Koné cède aussi, je n’imagine pas les effets que cela aura à l’échelle territoriale, et surtout vis-à-vis du CHT". 
En clair, il est on ne peut plus urgent de réagir. 

Le reportage de Brice Bachon et Nathan Poaouteta 

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