Avec la fibre de bourao, il y a matière à faire

traditions pouébo
Travailler la fibre de Bourao, Pouébo, septembre 2020
©Marguerite Poigoune / NC la 1ere
Elle sert à confectionner des couronnes et des fleurs à vendre. Mais aussi des objets traditionnels comme la jupe de danse kanak, ou la jupe-monnaie, utilisée autrefois lors des coutumes. A Pouébo, c’est le travail de la fédération des femmes, en partenariat avec l’aire Hoot ma Whaap.
A la manœuvre, Scolastique Boiguivie, une femme de Balade très active dans le travail sur la fibre de bourao. Première étape, la coupe des jeunes branches de bourao. Puis à l’aide d’un sabre d’abattis, la peau est enlevée, en la râpant avec la lame. Les tiges de bourao sont assemblées en fagot et placées vers le fond, dans l’eau saumâtre, pendant huit jours. 
 

Quand il va pourrir, toutes les petites bébêtes, les crustacés, vont se charger de nettoyer. Jeudi prochain, ça va être que du fibre blanc. Ça pourrit vite, dans l'eau salée. L'eau douce, ça va être plus long. Par contre, l'eau salée pure, ça bouffe les fibres. 
- Scolastique Boiguivie

 
Travailler la fibre de bourao
©Marguerite Poigoune / NC la 1ere
 

Couche par couche  

Après huit jours, Scolastique récupère le fagot dans l’eau, et retire les fibres, couche par couche. D'une seule tige, elle peut extraire quatre couches de différente qualité. Ensuite, les fibres sont trempées dans l’eau douce toute une nuit, puis séchées toute une journée au soleil. Puis Scolastique Boiguivie confectionne divers objets. 
 

Des couronnes, des fleurs, la jupe-monnaie : je fais les confections et après, j'ai envie de teinter. La teinture naturelle comme le curcuma, l'écorce de palétuvier rouge...

 
Travailler la fibre de Bourao, Pouébo, septembre 2020
©Marguerite Poigoune / NC la 1ere
 

Travail de recherche

Confectionner des objets pour vendre, comme les couronnes, certes. Mais la maman de Balade œuvre pour remettre à jour les jupes de danse traditionnelles, ou la jupe-monnaie. Cette dernière était utilisée autrefois, avec la monnaie kanak, dans les échanges coutumiers. Mais Scolastique n’a pas terminé le travail de recherche sur cet objet. 
 

Ça va avec la monnaie kanak. On va dire que c'est le contenu de la natte de coutume. C'est le côté confection, on s'arrête là. ... On est parties des photos qu'on a prises dans les livres. Parce que nous, on n'a jamais vu ça. Si il y a des choses qu'il faut mettre dessus, qui le fait ? Et c'est quoi qu'on doit mettre dessus pour faire la valeur ?

 

Natte de bonjour

Le travail sur les objets traditionnels est la suite de la démarche dédiée à la natte de bonjour et de coutume, menée dans l’aire Hoot ma Whaap, notamment. 

Un reportage de Marguerite Poigoune :

Travailler la fibre de bourao

 
Travailler la fibre de bourao, Pouébo, septembre 2020
©Marguerite Poigoune / NC la 1ere
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