La filière calédonienne de pommes de terre en difficulté

agriculture bourail
Pomme de terre
En 2022, la récolte de pommes de terre en Calédonie a été fortement touchée par les intempéries et les inondations dues à La Nina. ©Nathan Poaouteta / NC la 1ère
La récolte de pommes de terre bat son plein dans les champs mais elle ne suffira pas à la consommation des Calédoniens. Après les intempéries apportées par La Niña, les récoltes ne représentent que 11% de celle de l'année dernière.

Sur les terres de Patrice Robelin, à Bourail, l'arracheuse ne soulève qu'une petite poignée de pommes de terre ces dernières semaines. Cette année, l'agriculteur n'a récolté qu'une dizaine de tonnes de produits alors qu'en 2021, il avait atteint les 380 tonnes. Et entre voisins, le constat est le même : "c'est tout pourri."

Des terres inondées par La Niñ

Cette année, La Niña a jeté son grain de sel dans les cultures de pommes de terre. "On a eu du mal en début de saison pour préparer les sols. On a pu planter en catastrophe mais on a eu trois mois de sec et après on a pris les inondations, on n'a pas pu finir de récolter" explique Gary Roy, agriculteur de Bourail.

Pour préparer son champ, l'agriculteur a investi plusieurs millions de francs.. à perte. Une situation difficile qui l'a poussé à prendre une décision radicale : l'année prochaine, il ne plantera pas de pomme de terre ni de maïs. "On a décidé de prendre une année et de se lancer dans l'élevage" indique Patrice Robelin. 

Le reportage de Brigitte Whaap et Nathan Poaouteta.

©nouvellecaledonie

Importer pour mieux consommer

L'OCEF achète les pommes de terre aux producteurs; ces dernières sont stockées dans un dock à Ducos avant d'être triées et conditionnées en filet. La récolte 2022 est une catastrophe, la faute principalement aux inondations. "On va récolter 300-350 tonnes alors que l'objectif c'est 2500 à 2600 tonnes" explique Adeline Cretin, directrice de la section pommes de terre de l'OCEF. Un objectif atteint sans soucis ces trois dernières années. 

300 tonnes de pommes de terres seront donc écoulées en tout juste deux mois. L'OCEF devra donc se tourner vers l'importation : Nouvelle-Zélande, Australie ou encore la Métropole. La pénurie locale n'aura donc pas de répercussions pour les consommateurs calédoniens mais bien sur la filière calédonienne, déjà fragilisée.

Lionel Brinon, président de l'agence rurale, était l'invité du journal télévisé de 19h30 du mercredi 19 octobre 2022 :

©nouvellecaledonie