Les violences intrafamiliales accentuées par le confinement, un dispositif pour améliorer l'accueil des victimes

violence dumbéa
Confinement, violences intrafamiliales, brigade de Dumbéa avec dispositif PAC
Visite de différents officiels ce mercredi matin, à la brigade de Dumbéa. ©NC la 1ere

Selon les données recueillies par la gendarmerie, les deux semaines de confinement en Nouvelle-Calédonie ont vu le nombre de violences intrafamiliales augmenter de presque 25 %. Lundi, un panneau à deux couleurs est apparu dans les brigades, façon de faciliter la prise en compte des victimes.

Comment agir face aux violences au sein de la famille, que la période de confinement ne fait qu'aggraver ? Un système plutôt simple est apparu depuis lundi dans les brigades de gendarmerie : un rond orange et un rond bleu sont désormais affichés côte à côte. 

Le reportage de Martine Nollet :

Dispositif PAC à la brigade de Dumbéa

 

Orange ou bleu ? 

Le cercle orange représente les viols, les agressions sexuelles, les violences conjugales ou intrafamiliales. Pour que les victimes de tels faits n'aient qu'à le montrer pour faire savoir la raison de leur présence. Le cercle bleu, lui, symbolise toutes les autres infractions. Nom du dispositif : PAC, comme «panneau-accueil et confidentialité».

Confinement, violences intrafamiliales, dispositif PAC, ronds de couleur
Le dispositif consiste à afficher deux couleurs, selon la raison de sa présence. ©Martine Nollet / NC la 1ere

 

Exprimer

Ce panneau d'affichage doit faciliter les choses «aux victimes qui n'arrivent peut-être pas à exprimer facilement les raisons pour lesquelles elles se présentent chez nous, vraiment les faits dont elles sont victimes. Soit parce qu'elles ont du mal à l'exprimer, soit parce que des personnes sont présentes et elles ne peuvent pas parler librement», explique la capitaine Lydia Windstein, qui commande la brigade de Dumbéa. 
 

Pour une prise en charge adaptée

«En désignant ce point orange sur ce panneau, cela permettra de les isoler tout de suite, de les prendre en compte par un officier de police judiciaire qui est formé, et de discuter avec elles.» Apprendre de la personne les raisons de sa présence, recueillir sa plainte et tous les éléments nécessaires. «Ensuite, ça permettra de l'orienter ver l'intervenante sociale gendarmerie, et l'ensemble des associations et dispositifs mis en place pour prendre en compte les victimes de violences intrafamiliales.»

A la hausse

Des violences qui, l'an dernier, ont généré 262 plaintes à la seule brigade de Dumbéa. A l'échelle de toute la Calédonie, ce sont 1 331 faits constatés en 2020, contre 903 en 2019 (+ 47 %). Rien qu'à propos des violences conjugales, on est passé de 604 faits en 2019 à 923 en 2020.

Panneau gendarmerie de la brigade de Dumbéa
©NC la 1ere

 

Et plus fréquent en confinement

La période actuelle de confinement exacerbe le phénomène. «En moyenne, en Nouvelle-Calédonie, on a quatre à cinq faits de violences intrafamiliales par jour, tous les jours de l’année», souligne le haut-commissaire, Laurent Prévost. «Et avec les quelque quinze jours de confinement qu’on vient de connaître, les statistiques recueillies par la gendarmerie font état d’une hausse, par rapport à la période hors confinement, de près de 25 %.» 

Avec les quelque quinze jours de confinement qu’on vient de connaître, les statistiques recueillies par la gendarmerie font état d’une hausse, par rapport à la période hors confinement, de près de 25 %.

Laurent Prévost, haut-commissaire

 

Tout un plan

Devant cette problématique, la gendarmerie a établi le plan Agir que l’on connait déjà. Quatorze mesures mises en œuvre depuis 2020 afin d'accompagner au mieux les victimes et de rapprocher les différents acteurs. «Face à cette réalité qui n’est pas acceptable, et qui malheureusement se confirme d’année en année, notre objectif est que toutes les victimes parlent, viennent déposer plainte. Aient la certitude d’être accueillies dans des conditions de bienveillance, d’écoute, de professionnalisme par les services de police et de gendarmerie», poursuit le haussaire. «Et cet accueil peut passer par des choses très simples.»

Le reportage de Thérèse Waïa et Christian Favennec 

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