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Un cas d'école entre le Vallon-Dore et Saint-Louis

Le 12 septembre, l’école catholique de Saint-Louis va se déplacer aux Dauphins du Vallon-Dore. Le 29 août, c’est elle qui recevait toute la maternelle du Sud Mont-Dore. Un échange scolaire à la fois près, et loin. 

Les Dauphins quittent Saint-Louis, rendez-vous au Vallon-Dore ! © Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere Les Dauphins quittent Saint-Louis, rendez-vous au Vallon-Dore !
  • Par Françoise Tromeur
  • Publié le , mis à jour le
Pas évident de garder calmes bien longtemps environ 150 enfants dont les plus jeunes ont à peine trois ans. Surtout pendant des échanges de coutume. Mais jeudi 29 août, dans la grande case de Saint-Louis, ils ont tous fait de leur mieux. La quarantaine d’élèves scolarisés à l’école catholique de la mission, et les quelque 130 maternelles des Dauphins venus leur rendre visite. Il faut croire que le moment était vraiment spécial.
 
 

Différents

Bien des choses séparent ces deux établissements du Mont-Dore. L’un est privé et l’autre, public. L’un est associé à une tribu, l’autre a des effectifs hétérogènes. L’un se trouve à un endroit qui a une réputation exécrable et voit ses classes fondre au fil des ans. L’autre se situe dans cette partie Sud qui fait les frais des problèmes récurrents sur la route à hauteur de Saint-Louis. 
© Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Initié par les Dauphins

Voilà qui donne du sens au rapprochement de cette année. Le jeudi 29 août, la maternelle du bord de mer s’est déplacée sous les montagnes de Saint-Louis, avec tout son personnel et plusieurs parents. Et le jeudi 12 septembre, l’école de Saint-Louis est attendue au Vallon. Une initiative qui vient des Dauphins.
 

Pour faire vivre la culture kanak de l’intérieur, il fallait que les enfants soient en immersion.
- La directrice des Dauphins

  
© Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Tout un projet culturel

Ils ont élaboré un projet culturel spécial pour l’année 2019. «C’est la mise en œuvre du projet éducatif calédonien dont l’ambition est d’ancrer l’école dans son environnement», résume la directrice Manuéla Quirici. «Nous avons réfléchi à la façon de montrer aux enfants les différentes cultures océaniennes.»
 
A Saint-Louis, atelier tressage de bracelet avec Marie-Ange Kapetha. © Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere A Saint-Louis, atelier tressage de bracelet avec Marie-Ange Kapetha.
 

L'idée d'une correspondance

Les demi-pensionnaires de la maternelle ont appris à danser un suamako wallisien. Des élèves de la chorale ont répété un chant vanuatais. Les enfants ont été initiés à des œuvres d’art, des contes, des saynètes, des danses, de la vannerie… «Enfin, nous nous sommes dit que pour faire vivre la culture kanak de l’intérieur, il fallait que les enfants soient en immersion, poursuit la directrice. Et pourquoi aller loin, alors qu’il y a une tribu tout près que les gens connaissent finalement très peu ? D’où l’idée d’établir une correspondance scolaire avec l’école de Saint-Louis.» 
 

Montrer une image positive de l'école de Saint-Louis, où l'équipe pédagogique est au fait des changements de l'école calédonienne
- La directrice des écoles catholiques du Mont-Dore

 
Les verts de Saint-Louis et les rouges du Vallon-Dore à la même table. © Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere Les verts de Saint-Louis et les rouges du Vallon-Dore à la même table.
 

Rencontre

«J’ai sauté sur l’occasion», explique Isabelle Stentz, directrice des deux écoles catholiques du Mont-Dore. «C’est la rencontre de deux écoles, de deux enseignements, et autour des fondamentaux de la culture kanak. C’est surtout montrer une image positive de l'école de Saint-Louis, où l'équipe pédagogique est au fait des changements de l'école calédonienne.» Les deux classes de la mission se lancent dans l’aventure. L'une réunit 22 enfants, des trois sections de maternelle. L’autre, seize élèves, du CP au CM1 ! La mairie va participer également.
 

Les gens connaissent Saint-Louis en mal, mais pas trop en bien. C'est l'occasion.
- Une maman d'élève de Saint-Louis

 
La flèche faîtière tressée offerte aux visiteurs. © Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere La flèche faîtière tressée offerte aux visiteurs.
 

Découvrir une tribu tout petit

«Avant de correspondre loin de chez nous, comme la Nouvelle-Zélande, pourquoi ne pas correspondre avec des enfants tout près?», renchérit Dorine Gnibekan. Elle est secrétaire dans l’APE de Saint-Louis qui s’est démenée pour recevoir et nourrir toute la délégation. «On est très contents d’avoir reçu les Dauphins. Ils voient tout petits comment c'est, la tribu. Les gens connaissent Saint-Louis en mal, mais pas trop en bien. C'est l'occasion.»
 
© Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Des appréhensions

Pour tout dire, la rencontre entre deux mondes qui ne se croisent pas trop d’habitude ne s’est pas faite sans appréhensions. Dans les deux écoles, certains étaient impressionnés, parfois craintifs, et pas que les enfants. «C'était intéressant de pouvoir échanger avec d'autres écoles et surtout de pouvoir entrer dans Saint-Louis, qui n'est pas toujours accessible», commence une maman d'élève des Dauphins.
 

Je ne voulais pas y aller, j'avais la trouille qu'il arrive quelque chose. J'ai été agréablement surprise.
- Une maman d'élève des Dauphins

 
En revenant de la tribu et la chefferie. © Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere En revenant de la tribu et la chefferie.
 

«Hors du contexte scolaire»

Et puis elle confie: «Je ne voulais pas y aller, j'avais la trouille qu'il arrive quelque chose. Parce que là, on rentre à l'intérieur. J'ai été agréablement surprise. Les gens sont super ouverts, super accueillants.» La grande sœur, adulte, d'une petite élève du Vallon réagit elle aussi. «C'était super bien. Je trouve intéressant de faire sortir les enfants hors du contexte scolaire, surtout à cet âge. Ça leur permet de s'ouvrir plus tôt», formule Romanela Kelekele.
 
Après la coutume à la chefferie, reçue par Jean-Pierre Wamytan. © Françoise Tromeur / NC la 1ere
© Françoise Tromeur / NC la 1ere Après la coutume à la chefferie, reçue par Jean-Pierre Wamytan.
 

«Détruire les cloisons»

La jeune femme ajoute : «Pour moi qui suis Mondorienne, ça permet de détruire les cloisons qu'on se met dans la tête par rapport à tout ce qui s'est passé.» Référence aux blocages, par exemple, largement commentés et amplifiés dans les cours d'école. «Le fait d'entrer à Saint-Louis, c'est symboliqueQuant aux enfants, ils attendent de retrouver leurs nouveaux camarades. Ce sera jeudi prochain, côté Vallon.

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