De Genève aux Marquises : 70.000 km dans les airs

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Voyage en ULM Flight Marquises
Eric Guilloud et Christian Tiriault devant le Dynamic WT9 à l'aérodrome de Magenta ©NC1ère
Parti de France au mois de septembre dernier, le pilote suisse Eric Guilloud s'est lancé pour défi de rejoindre les Îles Marquises à bord de son ULM. Arrivé lundi soir à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, il doit visiter l'île des Pins et Poum avant de continuer vers Fidji. 
70.000 kilomètres, 8 mois, 40 pays et 110 villes. Tout ça à bord d’un ULM. C’est le défi que s’est lancé le pilote suisse Eric Guilloud. 
 
A l’écouter, traverser la moitié du globe seul, aux commandes de son engin, est un jeu d’enfant. Il sourit quand on se laisse impressionner devant le tableau de bord de son appareil et ses trois ou quatre GPS simultanés : « Tout paraît toujours extrêmement compliqué quand on ne connaît pas ». 
 
Son histoire d’amour avec les airs remonte à ses 23 ans, quand il découvre le deltaplane pour la première fois. C’est le coup de foudre, et celui-ci le mènera jusqu’aux championnats de Suisse, qui verront sa consécration en tant que champion national en 1976. 
 
Tout s’accélère en 2010 quand Eric se met à l’ULM. Il s’achète alors un Dynamic WT9 et commence avec des petits périples en Europe. La Croatie, la Grèce et la Corse comptent parmi ses destinations. 
 
En 2011, il fait la connaissance de Christian Tiriault et Marc Perdu à Paris, deux autres férus d’ULM et initiateurs du « Spirit of Nouméa ». Ces derniers viennent de rallier Paris depuis Nouméa à bord de leur engin. « C’est le représentant de Dynamic en France qui m’avait conseillé de les rencontrer », explique Eric Guilloud. « En fait, je cherchais des informations concernant ce type de périples ».
 
Car Eric a déjà une petite idée qui lui trotte dans la tête. A l’époque, il est très impressionné par les aventuriers du Spirit of Noumea. « Pour moi, ils étaient des héros », confie Eric. Il va attendre encore deux ans avant de se jeter à l’eau : relier les îles Marquises depuis la France. 
 
Parti en septembre dernier du petit aéroport de Bellegarde, dans l’Ain près de la Suisse, il est passé par Tirana en Albanie, Santorin en Grèce, Chypre, Le Kuwait et l’Inde, pour ne citer que quelques étapes de son parcours (pour voir l'itinéraire entier d'Eric, cliquez ICI). 
 
Avec bien sûr une foule d’anecdotes à la clé. « Atterrir en Israël n’a pas été la chose la plus simple », s’amuse-t-il. « Il a fallu que je contacte les services de sécurité intérieure. Un comité s’est réuni pour examiner mon cas. Ils m’ont transmis quatre questions. Je devais leur transmettre ma couleur, mon plat et mon chiffre préféré, ainsi que mon souhait. Je devais ensuite bien me souvenir de mes réponses et ils m’ont reposé les mêmes questions avant le décollage de Chypre. A 100 miles nautiques de la côté, je devais me brancher sur une fréquence particulière pour qu’ils me reposent les questions ». L’histoire le fait encore rire. « Je me sentais comme James Bond ». 
 
Mais comme on peut l’imaginer pour un pilote voyageant seul, les longs moments de solitude ne sont par rares. A la question s’il a déjà eu peur en vol, Eric préfère cependant répondre : « On n’a pas le temps d’avoir peur. Mais il y a parfois des conditions difficiles. Il y a trois jours, par exemple, j’ai eu un vol très difficile et fatigant ». 
 
Il y a aussi bien sûr les moments de découverte, de rencontre et de partage. « J’ai adoré la Nouvelle-Zélande », raconte-t-il. « Les paysages sont magnifiques et les gens sont adorables. ».
 
On le sent tout de suite et il ne s’en cache pas : Eric aime les gens. Un des buts de son voyage est d’ailleurs de récolter de l’argent pour l’association Morija, grâce à laquelle des chirurgiens opèrent à titre gratuit des personnes souffrant de malformations orthopédiques au Burkina Faso. « A la fin de mon voyage, je voudrais demander aux lecteurs de mon blog une contribution », explique Eric. « Dix ou quinze euros, c’est symbolique. Mais c’est important car ces gens font un travail formidable ».
 
Arrivé lundi soir à Nouméa, Eric livre aussi ses premières impressions de la Nouvelle-Calédonie. « Quand on arrive de l’île de Norfolk, c’est magnifique. Cette eau azur ! Et puis l’accueil a été très chaleureux ». Christian Triault avait en effet contacté quelques personnes et réservé un comité d’accueil au pilote suisse pour son atterrissage à l’aérodrome de Magenta. 
 
Mercredi, Eric s’envolera aux côtés de son ami Christian Triault pour rejoindre l’île des Pins. Puis se sera un retour sur la Grande Terre avec le nord du pays, direction Poum, avant de s’envoler depuis la Tontouta vers les îles Fidji. 
 
En vol avec Eric Guilloud dans son Dynamic WT9 depuis l'aérodrome de Magenta

Vol en ULM Flight Marquises from NC 1ère web on Vimeo.


Retrouvez aussi le reportage en images de Natacha Cognard, Elif Kayi et Gaël Detcheverry

Un pilote suisse arrive en ULM à Nouméa from NC 1ère web on Vimeo.