L’association Scal’air contrainte de se serrer la ceinture

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Laboratoire mobile de l'association Scal'air
Le laboratoire mobile de l'association est à l'arrêt. ©Scal'air
Plombée par des subventions en baisse après le vote du budget primitif de la Nouvelle-Calédonie, Scal’air, la structure chargée de la surveillance de la qualité de l’air est obligée de réduire ses activités.

La réduction annoncée de ses subventions ne laisse pas Scal’air, l’association de surveillance de la qualité de l’air, indemne. La structure est contrainte de réduire la voilure après avoir vu ses subsides émanant du gouvernement, passés de 16,5 millions en 2019 à 9,4 millions en 2020, puis à 9,5 millions en 2022 lors du récent vote du budget primitif de la Nouvelle-Calédonie. Elle est obligée de fermer la station de l’Anse-Vata, servant pourtant de référence pour la mesure de fond de certains polluants et de mettre sur pause les campagnes avec le laboratoire mobile. Malgré l’obligation réglementaire, aucune nouvelle évaluation préliminaire sur des polluants qui ne sont pas suivis actuellement ne pourra être effectuée.

"À un moment, c'est les salariés qu'on va devoir licencier"

Selon Nina Julié, présidente du conseil d’administration de Scal’air, à plus long terme, c’est l’association, elle-même, qui est menacée. "Le risque, c’est que la structure ferme à terme. Parce que plus les financements baissent, moins nous pouvons faire notre travail et à un moment donné, c’est les salariés qu’on va devoir licencier. On essaie de travailler avec des bouts de chandelle en allant chercher de nouveaux partenaires, mais c’est clairement pas suffisant ", déplore-t-elle.

La structure a pourtant fait des propositions à l’exécutif calédonien pour ne pas que son financement repose sur les seules subventions, mais celles-ci n’ont pas été retenues. "Nous considérons qu’il y a un principe du pollueur payeur et qu’on peut faire payer à ceux qui émettent des polluants le suivi de la qualité de l’air, mais toutes les propositions que nous avons faites ne sont pas entendues", indique Nina Julié. Avant de poursuivre: "il faudrait que le gouvernement prenne les arrêtés nécessaires pour leur prescrire de financer le suivi de la qualité de l’air. Aujourd’hui, ce n’est pas fait. Comme le gouvernement n’a pas les moyens de compenser par des subventions publiques, on se retrouve dans cette situation".

Appel au gouvernement

La présidente du conseil d’administration en appelle à la "responsabilité" du gouvernement parce qu’aujourd’hui "c’est vraiment la santé des Calédoniens qui est en jeu". Scal’air a l’ambition de surveiller les pollutions émises par KNS dans le Nord avec l’accord de l’industriel. Elle attend l’agrément de la Nouvelle-Calédonie.