La guerre russo-ukrainienne et ses conséquences en conférence

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Hugo Flavier, maître de conférences en droit public et spécialiste des pays de l’Est
Hugo Flavier, maître de conférences en droit public et spécialiste des pays de l’Est, en cours à l'UNC. ©NC la 1ère
L’actualité dans le monde toujours dominée par la guerre que la Russie a lancée en Ukraine le 24 février. Pour tenter de comprendre cette crise internationale majeure, l’université de la Nouvelle-Calédonie propose ce lundi soir un rendez-vous exceptionnel avec Hugo Flavier, maître de conférences en droit public et spécialiste des pays de l’Est.

Hugo Flavier a vécu en Russie, parle couramment sa langue, et s’est déplacé plusieurs fois en Ukraine. Autant dire que son regard est plus affuté. Vladimir Poutine, selon lui, rêve de Russie impériale, d’un pays conquérant, l’Ukraine lui appartient. "Je reprends un extrait du discours qu’il a prononcé le 24 février. Cette question est, pour lui, une question de vie ou de mort", analyse le conférencier. "Il est dans une autre rationalité. Il n’est pas dans une rationalité économique, il estime que cette mission est une mission historique. A partir [de ce] moment, c’est une question de vie ou de mort, et peu importe le coût qui va en résulter."

Justification

Et pour justifier ces bombardements, cette déroute, ce chaos, le président russe est capable de tout. Y compris de faire croire à la communauté internationale qu’il doit sauver l’Ukraine contre elle-même. "Il veut mener à bien une politique de démilitarisation et de dénazification de l’Ukraine. Intervenir, ce serait venir en aide à l’Ukraine, aux Ukrainiens et en définitive à l’Europe. 'Puisque l’Europe n’a rien fait, puisque les Etats-Unis n’ont rien fait, ce serait à moi Vladimir Poutine, à nous la Russie, d’intervenir pour sauver l’Ukraine de ce péril imminent.' Ça, c’est le discours avancé, qui ne repose pas sur des faits solides."

Quid de l'Otan et l'Europe

Selon le conférencier, nul ne peut préjuger de la fin de cette invasion fulgurante. Et quoi qu’il arrive, le monde s’en trouvera bouleversé. "De nombreuses questions se posent. Que va-t-on faire du conseil de sécurité, de l’Otan ? Est-ce qu’on va élargir l’Otan ? Est-ce que l’Union européenne va s’élargir ? Le secrétaire général de l’Otan a d’ailleurs dit que le résultat de l’action de la Russie, elle qui voulait moins d’Europe et moins d’Otan, sera d’avoir plus d’Europe et plus d’Otan."

Cette conférence-débat, sera l’occasion d’apprendre et de comprendre une culture millénaire qui a traversé, hier comme aujourd’hui, le meilleur et le pire.

La présentation de Karine Arroyo et Gaël Detcheverry :

©nouvellecaledonie