Transport : les finances de Karuïa passent au rouge

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Flotte de bus, cars, Tanéo
Flotte de bus Tanéo, image d'illustration. ©NC la 1ere
Sale temps pour le GIE Karuïa, qui assure le transport en commun à travers Noumea. Il dénonce des retards de paiement de la part du SMTU, le Syndicat mixte des transports urbains. Selon le groupement d'intérêt économique, cela met en péril son activité. Les chauffeurs ont prévu de débrayer mercredi.

Il manque 346 millions dans les caisses de Karuïa. Depuis 2019, ce groupement d'intérêt économique a un contrat de délégation de service public avec le Syndicat mixte des transports urbains pour le Grand Nouméa. 

Il assure le transport des usagers, et perçoit en retour 173 millions CFP par mois. Mais fin 2020, la situation financière du GIE est devenue critique, ce qu'il attribue à des retard de paiement de la part du SMTU.

Recette reversées

Cette situation met en difficulté les 200 salariés de Karuïa, dont une centaine de chauffeurs. "On a des traites à payer", pose Joseph Saliga, le président du GIE. "On a investi sur des bus neufs. On a des véhicules de service. On a investi sur du photovoltaïque. Et aujourd’hui, on a des obligations vis-à-vis de nos créanciers." 

"On tient nos engagements", continue-t-il. "On transporte la clientèle. On récolte pour le compte du SMTU 100 % des recettes. Tous les jours, les recettes sont reversées au SMTU. Donc il n’y a pas de raison pour que le SMTU ne nous paie pas."

En dehors de ces recettes, le syndicat mixte perçoit aussi la taxe additionnelle des produits pétroliers, et des subventions des institutions : la province Sud, ainsi que les quatre communes de l’agglomération nouméenne. 

"Un milliard et demi dans les nouveaux bus"

Ce problème de finances affecte non seulement le GIE, mais également tous les entrepreneurs qui ont acheté une licence. "Il y a plus d'un milliard et demi d'investissements dans les nouveaux bus, [à la] charge des entrepreneurs", précise Thierry Guerreschi, qui en fait partie.

"Il y a les chauffeurs. Il y a les salariés du GIE. Il y a tout le roulement à faire. Et il y a les investissements de départ, on a quand même acheté nos licences", rappelle-t-il. "Tout ça  pour se retrouver avec un nouveau système, le réseau Tanéo, sur lequel, au bout d'un an et demi, on nous dit : on ne peut plus payer."

Si personne ne fait rien, on est bloqués. Et les premières victimes dans tout ça, c'est l'usager.  

Thierry Guerreschi, entrepreneur du GIE Karuïa


Au tribunal administratif

Le groupement a déposé un référé de provision au tribunal administratif de Nouméa. Sollicité par NC la 1ere, le SMTU n’a pas souhaité s’exprimer tant que la procédure judiciaire est en cours. En attendant, les chauffeurs de Karuïa ont annoncé un débrayage mercredi 4 août.

Un reportage de Brigitte Whaap et Christian Favennec, à retrouver au JT