Un adolescent meurt poignardé à Païta [Mise à jour]

meurtre païta
Païta résidence Vaylena Park
©Loreleï Aubry

Un jeune de 15 ans a été tué à coups de couteau hier à Païta. Ses agresseurs auraient été identifiés. 

Le drame s’est produit ce lundi soir. À19h50, les pompiers du centre de secours de Païta sont appelés pour intervenir. Une personne a été poignardée dans la résidence du FSH Vaylena Park au niveau de Gadji. 
Arrivés sur place, ils découvrent la victime inconsciente dans les bras de sa mère. L’adolescent de 15 ans, d'origine wallisienne, blessé deux fois au thorax « avait déjà perdu beaucoup de sang et son poul était très filant » racontent les pompiers, rejoints par la suite par une équipe du SMUR et de la gendarmerie.
Les secouristes vont multiplier les massages cardiaques jusqu’au Médipôle mais en vain, ils n’ont pu que constater son décès.

Le reportage de Loreleï Aubry et Cédric Michaut :

 

Une enquête pour homicide volontaire [Mise à jour avec le procureur]

Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet pour homicide volontaire indique le procureur de la République Yves Dupas. 
Selon nos informations, ce drame est survenu lors d’une rixe dont le motif est encore inconnu.
Il semblerait que la victime ait été prise à partie par quatre autres jeunes. L’adolescent tué habiterait la même résidence que ses assaillants. Ils ont déjà été identifiés par les forces de l’ordre.
 

On apprends ce jeudi que l'enquête diligentée par la brigade de recherches de Nouméa et la brigade territoriale de Païta a permis d'orienter l'enquête en direction de quatre jeunes du quartier, des mineurs âgés de 16 à 17 ans, qui ont été placés en garde à vue dès le lendemain du drame. Selon les auditions des quatre mise en cause, celui qui a porté les coups de couteau mortels voulait "corriger le jeune de 15 ans"; il avait appris que sa soeur était importunée et insultée par la victime depuis plusieurs jours. 

"Alors que la victime se trouve assise devant leur immeuble, en train de discuter avec un ami, les quatre mis en cause surgissent et portent des coups de pied et de poings sur la victime et son ami . La victime tente de s’échapper, mais elle est rattrapée entre deux véhicules par les deux frères qui lui portent de nouveau des coups, la conduisant aussi à répliquer par des coups réciproques. Alors qu’elle tente de partir, elle est alors repoussée par un autre mis en cause vers le groupe. Selon plusieurs témoins, c’est lors de cette ultime scène que l’auteur principal porte au moins deux coups de couteau en direction de la victime. Les quatre mis en cause quittent les lieux, le couteau qui constitue l’arme du crime étant jeté dans la végétation par l’un des mis en cause" indique le communiqué du procureur. 

Lors des auditions, le principal mis en cause admet ne pas voir eu l'intention de donner la mort, mais seulement de "faire mal, sans le piquer".  Le parquet a toutefois retenu la qualification d’homicide volontaire, en raison du mode opératoire utilisé, à savoir l'utilisation d'un instrument dangereux. 

Pour les  trois mis en cause, le parquet a retenu l’infraction de complicité d’homicide volontaire par aide ou assistance, précisément en frappant ou en repoussant la victime pour l’affaiblir et l’empêcher de fuir, ainsi qu’en frappant l’ami de la victime pour l’empêcher de venir en aide à la victime principale et le délit de violences volontaires commises en réunion sur l’ami de la victime. Pour le frère de l’auteur principal, le parquet a relevé le délit de modification ou destruction de preuves, par la dissimulation dans la végétation de l’arme du crime.

Douleur et recueillement

Au lendemain du drame, le silence et le malaise règnent dans ce quartier qui n’est pas habitué aux affrontements.
Nous avons pu nous entretenir avec le père du présumé coupable qui nous a assuré de sa profonde douleur tant pour la famille de la victime que pour la sienne, dans un contexte où, affirme-t-il, les communautés vivent relativement bien ensemble au sein de la résidence.
En tout cas, alors que l’enquête se poursuit, l’heure au calme et au recueillement.
Le procureur a déjà annoncé qu’il communiquerait ultérieurement.