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Vale compte céder 95 % des parts de l'usine du Sud courant 2020

nickel nouméa
Usine du Sud
©NC la 1ere
Le Brésilien Vale veut se désengager l'an prochain de son complexe industriel en Nouvelle-Calédonie. Face à des pertes qui atteignent déjà les vingt milliards CFP en 2019, Vale NC va cesser l’activité de sa raffinerie et réorienter sa stratégie sur la production de NHC, le «nickel hydroxide cake».
C’est officiel. Antonin Beurrier, le président de Vale Nouvelle-Calédonie, l’a confirmé mardi après-midi aux médias. Le groupe brésilien a bien l’intention de «passer le relais» de son actionnariat dans l’usine du Sud courant 2020. Une tournure un peu polie pour annoncer que Vale se désengage, même si le dirigeant a bien insisté sur l’accompagnement du groupe pendant cette transition.
 

Pas assez compétitive

En clair, la multinationale compte céder les 95 % des parts qu’elle détient dans ce complexe hydrométallurgique - les 5 % restants appartiennent à la SPMSC, la Société de participation minière du Sud calédonien qui réunit les trois provinces. Déjà en difficulté depuis la rupture d’un de ses barrages au Brésil, Vale a investi des sommes colossales dans une usine qui ne s’est pas révélée pour l’heure compétitive. Non seulement, les objectifs de production n’ont pas été atteints, mais elle a «accumulé des pertes depuis six ans», qui s’élèvent «à vingt milliards CFP fin 2019», précise le PDG de Vale NC.
 
L'usine du Sud
©NC la 1ere
 

Arrêter la raffinerie et miser sur le NHC

L’entreprise compte donc arrêter sa raffinerie, qui produisait de l’oxyde de nickel et du carbonate de cobalt. Et se concentrer uniquement sur la fabrication de NHC, «nickel hydroxide cake». Ce produit intermédiaire est composé à 37 % de nickel, à 3,25 % de cobalt et de manganèse, de magnésium, de cuivre et de zinc en très faibles quantités. Il est utilisé dans la fabrication de batteries de voiture électrique, un «marché porteur» a rappelé Antonin Beurrier.
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L'objectif de l'équilibre

Avec cette réorientation vers la production de NHC, et l’export de deux millions de tonnes de saprolite par an, Vale NC espère atteindre l’équilibre dès l’an prochain. Il compte faire des efforts pour réduire les coûts de onze milliards CFP dès 2020 :
- 80 % de cette baisse proviendrait d’une réduction des achats de consommables, des pièces de rechange… 
- pour les  20 % restants, l’effort serait fait sur la masse salariale.
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A la recherche de nouveaux partenaires

C’est sur la base de ce nouveau modèle industriel et économique que l’entreprise part à la pêche aux nouveaux partenaires, aussi bien des clients que des actionnaires. Antonin Beurrier et la banque d’affaires Rothschild ont été mandatés pour cette mission. L’usine valait auparavant trois milliards de dollars. Mais elle vient d’être réévaluée à 1,6 milliard de dollars. Il faut désormais la rendre rentable.
 

Quel impact sur l'emploi ? 

Reste une question douloureuse : quel impact la mise en sommeil d’un tiers de l’usine aura-t-elle sur l’emploi ? Sachant que 90 personnes travaillent à la raffinerie, sans compter la maintenance. Le président de Vale NC n’a pas nié qu’il y aurait des licenciements et des conséquences pour les sous-traitants. Mais il espère reclasser une partie des salariés de la raffinerie sur d’autres missions.
 
Navette Vale NC bloquée par le Soenc Nickel
La navette maritime de Vale NC bloquée par le Soenc Nickel ce matin ©Caroline Antic-Martin
 

Le plan de restructuration abordé le 9 décembre

Les discussions sur le plan de restructuration de l’entreprise devraient commencer le lundi 9 décembre, avec un comité d’entreprise extraordinaire. Mais l’impact réel serait évalué début janvier. Les syndicats de salariés resteront vigilants. Vale NC représente 1 280 emplois directs, et mille à 1200 sous-traitants permanents.

Les explications radio de Coralie Cochin :

Annonce du désengagement de Vale


Le compte-rendu télé d'Erik Dufour et Michel Bouilliez :  
©nouvellecaledonie
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