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Qualité de l'air à Nouméa et santé: les résultats de l’étude

C'est une enquête de longue haleine à laquelle les experts se sont livrés de 2008 à 2012.
3 grands polluants ont été tracés à Nouméa. La relation entre ces polluants et l'état de santé des habitants est établie à travers des indicateurs sanitaires receuillis à l'échelle des quartiers.

  • Par Yvan Avril
  • Publié le
Etude épidémiologique de la qualité de l'air à Nouméa: quel impact sur la santé ?

L'étude, ci-desus, a été mise en place par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Elle a été mené par plusieur1er constat, les principales sources de pollution sont dues à l’activité industrielle du secteur de Doniambo et au trafic routier.

Les 3 polluants tracés :


1)      Le Dioxyde de souffre (SO²)

Il provient essentiellement des véhicules à moteur diesel et des centrales thermiques. Il provoque des irritations des muqueuses et des irritations des voies aériennes. Chez les enfants le SO² est le polluant qui engendre des symptômes gênants : fièvre, irritations, toux, difficultés respiratoires.

Ce sont les quartiers ouest qui reçoivent les plus fortes concentrations. La presqu’île de Ducos est la plus touchée. Résultats qui restent, malgré tout en deçà des objectifs fixés au niveau européen.

Dans les quartiers moins favorisés sur le plan socio-économique cette pollution est marquée par une faible augmentation des hospitalisations pour des accidents cardio-vasculaires (AVC).

2)      Le Dioxyde d’Azote (NO²)

Son origine est à chercher du côté des transports, qu’ils soient routiers, maritimes, aériens ou encore des centrales thermiques. Il provoque des irritations des bronches, favorise les infections pulmonaires chez les plus jeunes et augmente la fréquence et la gravité des crises chez les asthmatiques.

Ce sont les zones les plus urbanisées qui sont les plus touchées. Doniambo, Ducos industriel, Centre de la ville. Les zones les plus proches de l’activité industrielle et des plus importants axes routiers. L’étude tempère les résultats en établissant qu’« aucune relation entre les indicateurs de santé étudiés et le NO² n’a été mis en évidence ».

3)      Les particules en suspension (PM10)

Les principales sources sont l’activité industrielle, les transports et les poussières naturelles. Les conséquences en sont une altération de la fonction respiratoire. Les PM10 ont des propriétés mutagènes et cancérigènes.

On observe les plus fortes concentrations de PM 10 dans les quartiers centre. La plus forte quantité est mesurée dans le quartier de Trianon mais reste deux fois inferieure à l’objectif européen de qualité de l’air.



Constat

En conclusion l’étude établie que « malgré les faibles concentrations de polluants, et après prise en compte de l’effet de défaveur, quelques relations statistiques significatives ou à la limite de l’effet de significativité sont mises en évidence avec les PM10 et le SO² ».

D’autre part «  les populations les plus défavorisées peuvent être affectées par l’exposition à la pollution ». « A Nouméa l’indice de défaveur est fortement lié à la moyenne du SO² indiquant en effet que les populations défavorisées sont plus exposées au SO2 ».

Les populations plus favorisées ne sont pourtant pas à exonérées : « Dans cette étude, seule la relation entre décès par cancer du poumon est PM10 est significative et uniquement dans les quartiers favorisés. L’explication pourrait être que l’exposition aux PM10 prédomine en centre-ville à cause de la densité du trafic ».
 

 



Pour aller plus loin regardez le journal TV de NC1ère du 29 mars. Dave Waheo-Nasson recevait Denis Bard, Professeur à lécole des haute études de la santé publique.

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