Reprise difficile pour les agences de voyages en Nouvelle-Calédonie

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Agence de voyage Nouméa 2022
Avant la crise en 2020, on comptait 36 vols par semaine au départ de Nouméa, contre 5, en ce début d'année 2022. ©Nicolas Fasquel / NC la 1ère
Elles font partie des entreprises durement et durablement frappées par la crise Covid. Les agences de voyages ont rouvert leurs portes à la clientèle à la fin de l'année dernière, mais la reprise est plus que timide et la visibilité, quasi inexistante.

Les agences de voyage ont fermé leurs portes du 23 mars 2020, au 2 novembre 2021. Certaines enseignes ne rouvriront pas, d’autres vont fusionner pour perdurer, mais de nombreux emplois ont été perdus.

"On ne sait pas si le mois prochain, on va être payé"

Ceux qui ont malgré tout eu la chance de continuer à travailler évoquent une parenthèse douloureuse. "C’était hyper stressant, tous les mois on ne savait pas si le mois d’après on allait avoir du travail. Et encore aujourd’hui, on ne sait pas si le mois prochain on va être payé", témoigne Boris Vallin, conseiller voyage dans une agence.

Le secteur a certes, bénéficié d’aides du gouvernement, de la province Sud et de l’État. Mais avant la crise en 2020, on dénombrait 36 vols par semaine au départ de Nouméa. Et depuis le 1er janvier 2022, 5 vols hebdomadaires seulement, soit 14% du trafic habituel.

"Nous avons encore besoin de soutien. Aujourd’hui, on n’a pas suffisamment de volumes pour supporter nos charges et payer les salaires de nos employés", assure de son côté Vaea Frogier, présidente du syndicat des agences de voyages de Nouvelle-Calédonie. "Aujourd’hui, nous sommes le premier du mois et on est incapables de faire les fiches de salaires de nos employés parce qu’on n’a pas de réponses. Ça, c’est un vrai problème".

Perspectives floues

Dans une autre agence de Nouméa, de nombreux postes de travail sont inoccupés et il n'y a pratiquement plus de documentation sur les destinations. Le métier des conseillers, c’est de vendre des vacances aux clients, mais nos voisins Kiwis, Australiens et Japonais n’ont pas rouvert leurs frontières.

Le chiffre d’Affaires des agences a plongé et les perspectives de reprise demeurent très floues. "Le gouvernement a tout de même fait un pas en avant important, en annonçant publiquement une ouverture des frontières. Ce qui est très positif. À présent, il faut que tout le monde se mette autour de la table et décide dans quelles conditions il faut rouvrir ses frontières", explique Émilie Louissot, chargée de développement du pôle tourisme dans une agence.

Vente de billets secs et peu d'autres prestations

Des agences qui jouent un rôle primordial de conseil et d’accompagnement grâce à des outils spécialisés mais aujourd’hui, elles vendent principalement des billets secs et peu ou pas d’autres prestations plus rémunératrices. "Je suis venu chercher un billet et une sécurité par rapport au voyage. Parce qu’on s’est rendu compte avec internet que très souvent, il n’y a pas de suivi. Ou c’est plus compliqué de se faire rembourser s’il y a une annulation etc…", déclare Kévin Ory, client voyageur.

Les agences ont encore besoin d’être soutenues et souhaitent davantage d’équité car elles s’acquittent d’une TGC à 6%, dont les compagnies aériennes sont exemptées. En attendant que les destinations prisées des Calédoniens redeviennent accessibles et commercialisables.

Le reportage d'Erik Dufour et Nicolas Fasquel : 

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