Réseaux sociaux : un homme condamné après appel à la violence envers des personnalités politiques

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Trois mois de détention à domicile avec bracelet électronique, c'est la réponse de la justice après la plainte déposée par trois personnalités politiques pour appel à la violence sur les réseaux sociaux. L'auteur, un internaute de 28 ans, a comparu ce jeudi en reconnaissance de culpabilité.

C'était début février, juste après ce drame survenu à Boulouparis et la déferlante de réactions qu'il a engendrée : la mort d'un jeune homme tué par balles lors d’une tentative de cambriolage chez un résident du lotissement Port-Ouenghi. 

Le message suivant était alors publié sur les réseaux sociaux, raconte le procureur de la République dans un communiqué diffusé ce jeudi 28 octobre : "Bon allez tuer Sonia Backès, Christopher Gygès, Philippe Blaise, après les autres suivront mais déjà eux c comment ?" Et dans la foulée, plainte était déposée par les trois élus, respectivement présidente de la province Sud, membre du gouvernement et vice-président de la province Sud. 

"Provocation publique à la commission d'un crime ou délit"

Ce jour, près de neuf mois plus tard, un homme de 28 ans a comparu en reconnaissance préalable de culpabilité. Cet habitant de Thio a été identifié comme l’utilisateur du profil Facebook incriminé, après enquête menée par la brigade de recherches de Nouméa et la brigade de cette commune. 

C'est la "provocation publique à la commission d'un crime ou délit" qui a été retenue, précise Yves Dupas. "Déjà condamné par la justice à deux reprises pour vol aggravé et violences conjugales, le prévenu a accepté la peine proposée par le parquet, à savoir la peine de trois mois d’emprisonnement assortie d’un aménagement de peine ab initio [c'est-à-dire, dès le début] sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique."

Colère et regret

Le bracelet électronique, donc, a été homologué par le président du tribunal, "qui a par ailleurs accordé un franc symbolique aux parties civiles au titre de leur préjudice moral".

Quant aux raisons de cette publication haineuse : "Lors de sa garde à vue", relate le procureur, "le mis en cause reconnaissait avoir posté ce message violent, dans un contexte de colère, en réaction à d’autres messages proférés par des internautes qui disaient se réjouir de la mort" du jeune cambrioleur. "Il estimait que les représentants politiques n’avaient pas réagi pour dénoncer ces messages de haine. Il admettait cependant que son comportement n’était pas acceptable, et qu’il regrettait d’avoir réagi de cette façon."