Coup de sport, le portrait : Soana Lucet en quête d’une qualification aux Jeux Olympiques de Tokyo

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©Fédération française de basket

À 33 ans, Soana Lucet est en route vers un tournoi de qualification, qui doit la mener, aux Jeux Olympiques de Tokyo, en basket 3 contre 3. Portrait d'une Calédonienne, au parcours exceptionnel. 

En novembre dernier, Soana Lucet découvre le collectif France de basket 3 contre 3, lors d’un stage à l’INSEP, temple national du haut-niveau, à Paris. C’est la première prise de contact entre l’ailière de la Roche Vendée, en 1ère division féminine (LFB), et les Bleues.

Son activité séduit très rapidement le staff technique : sa capacité à poser des écrans pour libérer ses partenaires ou partir au panier, sa qualité de tirs longue distance (37% de réussite en championnat) ou encore, sa lecture de jeu. La Calédonienne est un véritable couteau-suisse, en attaque comme en défense. « Là, en 3 contre 3 je suis en intérieur en fait, donc c’est cette mobilité à pouvoir tenir les ailières comme les intérieurs… donc il faut être un peu costaud, utiliser ce physique et cette force des îles » explique Soana Lucet en souriant.

Objectif : Tokyo 2021

Début février, elle est de retour à l’INSEP, l’institut national du sport, aux côtés de joueuses de Bourges, Basket Landes, Montpellier, Nantes et Tarbes. Huit professionnelles sont sélectionnées en vue du championnat de France 5 contre 5, pour un tournoi de qualification olympique de basket 3x3, organisé fin mai en Autriche. Seulement quatre d’entre elles seront conservées pour aller chercher un ticket pour les J.O de Tokyo. 

On sait que c’est une chance, si on ne la saisit pas, une autre la saisira. Dès le début, ils nous ont mis dans le bain : c’est un stage mais il faut gagner sa place, il faut aller à fond.

Soana Lucet

 

Son portrait en vidéo.

 

Une force physique et mentale

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©Fédération française de basket

Depuis trois mois, les articulations n’ont pas été ménagées. Entre les entraînements et les matchs de l’équipe de France 3x3, le championnat 5 contre 5 avec la Roche Vendée, 5e de la division française après 12 journées, et la phase de poule d’Euro Coupe disputée fin janvier à Valence en Espagne, l’emploi du temps de Soana Lucet n’a jamais été aussi chargé. Une succession de rencontres et de défis de haut niveau, qu’il faut gérer mentalement et physiquement. « J’étais fatiguée, épuisée toute la semaine, mais ce qui me faisait avancer c’est que je me disais qu’il ne me restait qu’une semaine pour me donner à fond… c’était ça mon truc. Tu montres ce que tu sais faire, tu es toi-même, et ça, c’est mon état d’esprit depuis des années... je tiens ça de ma mère » confie la jeune femme.
 

Le soutien infaillible de sa mère 

Sa mère Sylvia, est une ancienne professeur d'éducation physique spécialiste des lancers de javelot et du disque, mais aussi de sprint. A plus de 15 000 km de Paris, à Nouméa, elle mesure le chemin parcouru par sa fille, arrivée très tard au basket, après s'être essayée au skate et au VTT. «Elle a découvert le basket avec les garçons et elle m’a dit « Maman, je veux faire du basket » raconte Sylvia.
 
Au 6ème kilomètre, elle domine le championnat. En sélection, elle est désignée meilleure joueuse des Océanias. Repérée par une recruteuse américaine, Soana part au Etats-Unis, au College de Southern Idaho, puis à l’université des Wildcats d’Arizona. Elle joue ensuite en France (Arras), en Belgique (Castors Braine) et en Allemagne, où elle est sacrée championne nationale avec Wasserburg. C'est ensuite le retour dans l’hexagone. Elle perce à la Roche Vendée. La voilà aujourd’hui, à 33 ans, en équipe de France de 3x3. « Si elle arrive à ce niveau-là, c’est qu’elle a vraiment tout fait pour arriver à ce niveau-là et c’est pour ça que quand elle vient ici et qu’elle dit aux filles de l’AS 6ème de bouger un peu…. Elle leur dit que pour avoir quelque chose, il faut le mériter, il faut le faire » raconte sa mère. « Je l’ai vu toute sa vie se donner à fond et tout faire pour nous » confie à son tour Soana, très émue, en parlant de sa mère. 

Encouragée par sa famille, le club de l'AS 6ème km, le Caillou tout entier... Soana veut aller jusqu'au bout : vivre à bientôt 34 ans, après 14 ans de carrière, les Jeux Olympiques et prouver ainsi que les basketteurs calédoniens peuvent tout accomplir.