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La station spatiale chinoise pourrait tomber lundi

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Vue d'artiste de la station Tiangong-1.
Vue d'artiste de la station Tiangong-1. ©China manned space engineering office
Tiangong-1, la station spatiale chinoise, aurait dû finir sa course dans le «cimetière» du point Nemo. Mais elle se trouve hors contrôle. Sa rentrée dans l'atmosphère, on ne sait où, pourrait se produire ce lundi, heure de Calédonie.
Ce dimanche à 16h23, heure de Calédonie, Tiangong-1 achevait de survoler l’Australie un peu au Nord de Sydney. Une heure plus tard, le «palais céleste» surplombait la Turquie. A 17h54, on la retrouvait à hauteur de Melbourne. Il faut dire que la station spatiale chinoise se déplace à 7,8 kilomètres par seconde. Reste à savoir à quel endroit elle effectuera son retour dans l'atmosphère terrestre: Tiangong-1 a cessé de fonctionner en mars 2016, d'où des inquiétudes quant à sa «chute».

«Très variable»​

Une rentrée non contrôlée envisagée dans la nuit de dimanche à lundi, selon les prévisions diffusées samedi par l'Agence spatiale européenne«L'équipe prévoit maintenant une fenêtre centrée autour de 23h25 GMT le 1er avril [lundi à 10h25 lundi, heure de Nouméa], et qui s'étalera de l'après-midi du 1er avril au petit matin du 2 avril», relève l'ESA sur son site. Tout en ajoutant que «cela reste très variable».

«Splendide»

Première station spatiale chinoise, lancée en septembre 2011, Tiangong-1 mesure dix mètres de long et trois mètres de large. Elle est composée d'un laboratoire expérimental et d'un module de service, ainsi que de deux panneaux solaires de trois mètres sur sept chacun. Des équipements qui ne devraient pas causer de dégâts sur Terre, les autorités spatiales chinoises ont même assuré que lors de leur désintégration et de leur combustion dans l'atmosphère, ils offriront un spectacle «splendide», semblable à une pluie de météorites.

La zone dans laquelle chutera Tiangong-1
En vert, l'aire dans laquelle tombera Tiangong-1. ©ESA/ESOC

«Des parties» pourraient retomber

«La plus grande partie va brûler sous l'effet de la chaleur extrême générée par l'arrivée à grande vitesse de la station dans l'atmosphère», relève l'ESA sur son site. Mais «au vu de ce qui s'est passé pour les rentrées contrôlées de vaisseaux spatiaux de taille et de masse comparable, on peut s'attendre» à ce que «des parties résistent à ce processus et retombent sur la Terre», ajoute l'agence.
                 

Une vaste zone

La zone sur laquelle les débris sont susceptibles de retomber reste très vaste. «La rentrée aura lieu entre 43ºN et 43ºS», indiquait samedi l'ESA. Ce qui comprend le continent africain, le sud de l'Europe, une partie de l'Asie et de la Nouvelle-Zélande, l'Australie, une grande partie de l'Amérique du Sud et une plus petite de l'Amérique du Nord.

Risque minime

En soixante ans de vols spatiaux, il y a eu quelque six mille rentrées non contrôlées de gros objets fabriqués par l'homme, principalement des satellites et des étages de fusées, selon l'ESA. Un seul de ces débris a touché à l'épaule une personne, sans la blesser. Selon le CMSEO, le risque pour un être humain d'être touché par un débris spatial de plus de 200 grammes serait d'un sur 700 millions.

La trajectoire de Tiangong-1 peut être suivie ici.

Visualisation du point Nemo
Projection de la Terre centrée sur le pôle maritime d'inacessibilité, le point Nemo. ©Nimwi

 

Un cimetière spatial au milieu du Pacifique
Si la station spatiale chinoise était restée sous contrôle, elle aurait rejoint d'autres objets spatiaux dans le «cimetière» du point Nemo. Un endroit considéré comme le plus isolé de la planète: la première terre émergée, l’atoll inhabité de Ducie, se situe à 2 688 km. «Il se trouve au large des côtes de l'Antarctique, de la Nouvelle-Zélande, des îles Pitcairn et du Chili», explique à l'AFP Stijn Lemmens, du Bureau des débris spatiaux de l'ESA, à Darmstadt.

La station Mir
Ce coin perdu au milieu du Pacifique a été appelé «pôle d'inaccessibilité», ou point Nemo, en hommage au capitaine de Jules Verne. Il a déjà accueilli 250 à 300 engins spatiaux en fin de vie, dont la station Mir. «C’est plutôt une zone qu'un point», précise Florent Deleflie, astronome de l'Observatoire de Paris. «Et comme cette zone est très large, elle est la plus propice à ce genre d'opération» ajoute l'astronome, qui précise que «même en cas de chute contrôlée, il reste une incertitude sur le point de rentrée dans l'atmosphère de l'engin».
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