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Tasmanie: le mémorial de la discorde

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La maire de Hobart, Sue Hickey
©ABC
Leigh Carmichael espère que la communauté aborigène de Tasmanie va s'impliquer dans le memorial à Macquarie Point. Le Centre des Aborigènes de Tasmanie soutient le mémorial et félicite les « visionnaires » du MONA.
Le créateur du MONA veut construire un mémorial consacré à l'histoire des Aborigènes à Macquarie Point, une ancienne zone industrielle de Hobart. La maire de la ville craint que ce mémorial devienne « un lieu de culpabilisation collective ».  
 
Australie : le mémorial aborigène
©Fender Katsalidis Architects & rush\wright associates


Un pseudo tabou: l'histoire des Aborigènes de Tasmanie

David Walsh avait déjà frappé un grand coup avec son musée sous-terrain d'art ancien et contemporain, le MONA, ouvert en 2011, et qui attire des visiteurs du monde entier. Le MONA est le plus grand musée privé d'Australie. 
 
Avec son directeur artistique, Leigh Carmichael, David Walsh s'attaque maintenant à un pseudo tabou: l'histoire des Aborigènes de Tasmanie, celle d'une extermination tragique, symbolisée par le destin de martyre de Truganini, dernière Aborigène tasmanienne, morte en 1876. Aujourd'hui, il ne reste plus que des métisses sur l'île. 

Un projet qui sucite l'inquiétude
Mais le projet inquiète la maire de Hobart, la capitale de l'état. « Je pense que beaucoup d'Aborigènes approuvent cette initiative, mais je pense aussi que le projet doit être fait avec goût, et ne doit pas se transformer en un lieu de culpabilisation collective, estime Sue Hickey. 
 
 

le projet doit être fait avec goût, et ne doit pas se transformer en un lieu de culpabilisation collective

Ce sera simplement un endroit où nous reconnaissons la tragédie qui s'est déroulée il y a 200 ans. » 
 
« Beaucoup d'atrocités ont eu lieu. Des gens sont arrivés par bateau ici, arrachés à leurs familles, parce qu'ils avaient volé un navet », poursuit la maire.
 
Selon Sue Hickey, les Tasmaniens d'aujourd'hui ne peuvent pas porter la culpabilité de ce que leurs ancêtres ont fait il y a un siècle. « Je n'ai pas tué d'Aborigènes, et je ne le ferais jamais. C'était une autre époque », conclut-elle. 

Des propos condamnés
Les propos de la maire de Hobart ont été condamnés par la présidente du Centre des Aborigènes de Tasmanie, Heather Sculthorpe, qui regrette « le triste manque d'exemplarité morale » de la maire et exige que Sue Hickey présente ses excuses à la communauté aborigène de Tasmanie. 


Regarder son histoire en face
De son côté, le consultant culturel aborigène Greg Lehman, impliqué dans le projet du MONA, se réjouit. Selon lui, le futur mémorial lance une conversation qui aurait du avoir lieu il y a bien longtemps.
 
 

Nous n'avons jamais affronté l'histoire coloniale de la Tasmanie, et en particulier, les aspects difficiles de cette histoire.

« Nous n'avons jamais affronté l'histoire coloniale de la Tasmanie, et en particulier, les aspects difficiles de cette histoire », a-t-il déclaré sur ABC. 
 
D'après le Premier ministre de la Tasmanie, Will Hodgman, la construction du mémorial de Macquarie Point pourrait prendre 30 ans.
Il y aura une installation gigantesque de feu et de lumières pour célébrer les 40 000 ans de culture aborigène, et un musée d'histoire indigène.
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