Vidéo raciste : le parquet a ouvert une enquête pour provocation publique à la haine

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Une vidéo raciste a circulé sur les réseaux sociaux calédoniens jeudi 16 décembre. ©NC la 1ere
Une vidéo a fait le tour des réseaux sociaux ces derniers jours. On y voit deux lycéennes proférer des injures à caractère raciste à l’encontre de jeunes Kanak. La justice s’est saisie de l’affaire.

Dans cette vidéo réalisée à l’intérieur d’une voiture, on entend clairement les deux jeunes filles dire en rigolant « oh des singes » avant de tourner la caméra vers le groupe de jeunes kanak qui passe non loin du véhicule.
 
Pour la Ligue des droits de l’homme, la vidéo renvoie le pays aux heures sombres de son histoire : « A quoi ça rime de faire un amalgame comme ça entre des hommes et des animaux, s’interroge son président Gérard Sarda. Moi j’ai l’impression que ça nous ramène 50 ans en arrière quand certains professeurs de Lapérouse écrivaient sur les murs "on ne veut pas de singes pour enseigner à nos enfants", alors que Paul Néaoutyine et Elie Poigoune étaient professeurs au lycée. Mais ça veut dire quoi des gamines qui disent ça aujourd’hui ? »

Le procureur saisi

De son côté, le haut-commissariat indique qu’à la demande du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, il a signalé ces faits au procureur de la république afin qu’il donne la suite judiciaire adéquate


Le parquet a saisi la cellule cybercriminalité de la gendarmerie pour mener une enquête du chef de provocation publique à la haine.
 
Selon le procureur la vidéo date de juin 2019, et elle a été diffusée dans un contexte de conflit entre amis. « L’enquête vient de commencer, nous il nous semblait déterminant d’initier très rapidement des actes d’enquête sur ces agissements qui sont insupportables, inadmissibles et donc nous en sommes au recueil d’un certain nombre de témoignages mais bien sûr les auteurs tant de la diffusion que de l’enregistrement seront entendus par les enquêteurs, précise Yves Dupas. Moi j’ai une conviction c’est que la NC n’a pas besoin de ces messages de violence, de ces appels à la haine sur les réseaux sociaux et c’est pour cela que le parquet est très réactif en la matière, que nous menons une politique pénale très offensive. L’idée c’est de faire reculer impérativement ces agissements d’intimidation de haine de violence qui viennent polluer les relations sociales. »
 
Dans cette affaire de provocation à la haine raciale, les auteures présumées risquent une peine d’un an d’emprisonnement et une amende de plus de 5 millions de francs.

Les explications en images de Thérèse Waïa et David Sigal :  

©nouvellecaledonie