Violences à l’usine du Sud : les salariés évacués, le site mis à l'arrêt

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Vale
©NC La 1ère et DR
L'usine de Vale NC a été le théâtre, ce jeudi après-midi, de violents affrontements entre des manifestants et les forces de l'ordre. Les gendarmes ont dû faire usage de leurs armes pour stopper des tentatives d’intrusion. Plus de 300 salariés ont été évacués. 
La situation s’aggrave un peu plus chaque jour, sur le dossier de l’usine du Sud. Et cette fois, c’est le site industriel, lui-même, qui a été visé. 
En début d’après-midi, l’usine de Vale NC et la centrale de Prony énergies ont été la cible de plusieurs tentatives d’intrusions « par un groupe de personnes extrêmement déterminées et pour certaines violentes », précise le haut-commissaire Laurent Prévost. 
 

Usage des armes par les gendarmes 

Menacés par des véhicules à l’entrée de Vale NC, les gendarmes « ont dû faire usage des armes pour repousser deux pickups qui fonçaient » sur eux, précise le haut-commisaire. 
Afin d’assurer la sécurité de ses salariés, la direction de Vale NC a pris la décision d’évacuer le personnel, soit plus de 300 personnes qui ont quitté le site et regagné Nouméa sous escorte, avec la navette maritime de l’entreprise. « On a reçu des ordres de se confiner dans un endroit pour nous tenir à l’écart de toute agression, dès qu’on sortait, on recevait des jets de pierres, des insultes », témoigne, entre colère et tristesse, une salariée de Vale NC.

On a reçu des ordres de se confiner dans un endroit pour nous tenir à l’écart de toute agression, dès qu’on sortait, on recevait des jets de pierres, des insultes.

Une salariée de Vale NC

Vale salariés à la sortie du bateau
©Laura Schintu/NC La 1ère


Images et témoignage à la sortie du bateau des salariés de Vale NC avec Lizzie Carboni et Laura Schintu 

 

Départ d’incendie 

En fin d’après-midi, la direction de Vale déclarait « la situation sous contrôle ». Mais beaucoup, parmi les salariés, craignent de perdre leur outil de travail, la centrale électrique et l’usine d’acide ayant été mises à l’arrêt, par mesure de sécurité également.
Plus tôt dans la journée, un incendie s’est aussi déclaré à hauteur des bâtiments administratifs de l’usine.
Incendie Usine du Sud
Une partie des bâtiments administratifs a pris feu. ©Auteur anonyme
 

Le site industriel mis en difficulté 

Les tentatives d’intrusions sur ce site classé Seveso (site présentant des risques d’accident majeur) ont été fermement condamnées par le haut-commissaire de Nouvelle-Calédonie. Il s’agit, selon lui, d’actes « totalement irresponsables qui mettent en péril un site industriel et qui v(ont) décourager à long terme, quels que soient les investisseurs, de venir en Nouvelle-Calédonie ».
Ce constat, Laurent Prévost dit  qu'il a « eu l’occasion de (le) partager avec plusieurs responsables politiques de Calédonie depuis le début de l’après-midi », a-t-il dit. « Je pense que tout le monde en a conscience. »

A écouter, l'interview de Laurent Prévost, interrogé par Malia-Losa Falelavaki
 

Il faut maintenant que ça cesse et que l’on revienne au calme et au respect de la loi sur le site, comme partout d’ailleurs en Nouvelle-Calédonie.

Laurent Prévost, haut-commissaire de Nouvelle-Calédonie

  

Des risques humains et environnementaux 

Certains élus ont réagi à ces violences survenues à l’usine du Sud.
Pour la présidente de la province Sud Sonia Backès, « ces actes inqualifiables pourraient avoir des conséquences dramatiques sur les populations avoisinantes, sur l’environnement du Grand Sud et pourraient remettre en question les 3 000 emplois directement liés à l’activité de l’usine ». 
Pour sa part, le député Philippe Gomès a estimé que « chaque combat peut avoir sa légitimé, mais la destruction de l’outil de travail n’en est pas une ».  

L’Etat appelle à la reprise du dialogue 

Le Ministre des Outre-Mer Sébastien Lecornu condamne fermement, lui aussi, les tentatives d’intrusion dans l’usine de Vale NC. Il en appelle au calme et estime que « l'avenir de la Nouvelle-Calédonie passera avant tout par le dialogue », tout en rappelant que « l’Etat « s’(y) engage »
Mais au terme de cette journée éprouvante pour le pays, les forces politiques de la Nouvelle-Calédonie sont loin d’avoir retrouvé la table du dialogue. Les indépendantistes ont refusé de participer à la 3ème rencontre par visioconférence du « groupe Leprédour » avec le ministre des Outre-mer, qui se tient ce jeudi soir au haussariat, à Nouméa. 
Retour sur ces incidents avec des images amateurs, un récit d'Angela Palmieri