Violences diffusées sur les réseaux sociaux : de cinq ans de prison ferme à un an avec sursis pour les auteurs

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Le tribunal de première instance de Nouméa. ©Natacha Lassauce-Cognard
Quatre personnes comparaissaient ce vendredi, devant le tribunal correctionnel de Nouméa, pour des violences survenues dans le quartier de Magenta à Nouméa en mars dernier. Des violences filmées, puis diffusées sur les réseaux sociaux récemment.

La vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux ces derniers jours. Celle d’une jeune femme âgée de 20 ans, subissant des violences physiques. Une jeune femme prise à partie par un groupe d'autres jeunes dans le quartier de Magenta à Nouméa, en mars dernier, alors qu'elle rentrait d'un anniversaire.

Suite à la diffusion massive de cette vidéo sur les réseaux sociaux, quatre personnes, deux garçons et deux filles étaient présentés devant le tribunal correctionnel ce vendredi, en comparution immédiate.

Insoutenable 

Violence gratuite et insoutenable, humiliation, actes de barbarie… les qualificatifs pleuvent, lorsque les juges visionnent la vidéo diffusée récemment sur les réseaux sociaux.

On y voit une jeune fille se faire battre violemment au sol, dans les palétuviers. Elle reçoit des coups de pieds, des coups de poings et une proposition sexuelle alors qu'elle pleure, le visage en sang. 6 minutes 14 d’images insoutenables, auxquelles doivent à nouveau faire face la famille de la jeune femme présente dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Nouméa, ce vendredi 10 décembre.

Une famille présente aux côtés de la victime, terrorisée. De leur côté les quatre mis en causes gardent la tête baissée. Deux garçons et deux filles, âgés de 18 à 20 ans, alcoolisés pour la plupart au moment des faits.

7 condamnations

C’est l’une des deux filles qui donne les premiers coups. La même qui compte déjà 7 condamnations à son casier judiciaire, certaines pour des faits similaires. À la barre, la jeune femme dit ne pas se voir comme une personne violente, mais reconnaît volontiers, que les faits sont extrêmement violents.

Position partagée par le procureur de la République, qui qualifie ces actes d’humiliants, dirigés envers une personne « tel un animal que l’on traque ». Il a également rappelé la gravité des faits et de leur diffusion sur les réseaux sociaux sous forme de vidéo.

De son côté l’avocat de la partie civile Me Martin Calmet, aurait souhaité entendre des excuses et des regrets de la part des quatre prévenus, huit mois après les faits. L’avocat de la défense lui, Me Jean-Victor Bonifas, estime que ces jeunes ne sont pas ancrés dans la réalité.

Condamnations

Au terme de trois heures de procès, les quatre prévenus ont été reconnus coupables de violences volontaires aggravées en réunion. La peine de cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt a été prononcée pour la jeune femme à l’initiative des coups.

4 ans de prison ferme pour le jeune homme ayant filmé les actes, 3 ans de prison ferme pour le troisième jeune homme et la quatrième jeune femme, a été condamnée à 1 an de prison avec un sursis probatoire de 2 ans et 200 heures de travaux d’intérêts général.

La victime elle, doit désormais se reconstruire. Les auteurs des violences devront lui verser 1 millions de francs CFP, au titre du préjudice moral.

Les précisions de Laurence Pourtau et Carawiane Carawiane : 

©nouvellecaledonie