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Un nouveau câble sous-marin à haut débit dans le Pacifique

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Le trajet du nouveau projet Interchange Cable Network (ICN) (pointillés)
Le trajet du nouveau projet Interchange Cable Network (ICN) (pointillés) © (Source : Interchange)
Le géant Alcatel-Lucent et la société Interchange ont passé un accord portant sur l’installation d’un nouveau câble sous-marin à haut débit qui, sur une longueur de quelque trois mille kilomètres, devrait relier Vanuatu, les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Selon les promoteurs de ce projet, qui vise à réduire la fracture numérique et à « soutenir la création d’un environnement favorable à une croissance économique et sociale durable » dans les îles du Pacifique, vient s’adosser sur une bretelle tirée, fin 2013, entre les îles Fidji et Vanuatu et qui doit entrer en exploitation commerciale dans les jours à venir.
Cette bretelle d’un peu plus de douze cents cinquante kilomètres, elle aussi commandée par Interchange et installée physiquement par le navire spécialisé d’Alcatel-Lucent,  l’ « Île de Ré », représentait une dérivation du grand câble historique trans-Pacifique Southern Cross, lui-même installé à la fin des années 1990 et qui relie la côte Ouest des États-Unis à l’Australie, en passant par la Nouvelle-Zélande et Fidji.
Baptisé « ICN1 », ce tronçon Suva/Port-Vila aurait coûté 30 millions de dollars US affirme Interchange. Le nouveau projet Port-Vila/Port Moresby (ICN2) devrait aussi permettre de relier d’autres îles de Vanuatu, Espiritu Santo (Nord de l’archipel) et Tanna (Sud), à mi-chemin entre la capitale vanuatuane Port-Vila et Honiara, capitale des îles Salomon, ainsi qu’en bout de course Nouméa (Nouvelle-Calédonie, selon une carte fournie par les promoteurs.


E-santé et e-éducation

« Conçu pour fonctionner dans un premier temps à 40 gigabits par seconde puis pour atteindre, à terme, une capacité de 1,2 térabit par seconde, il augmentera les débits internet des fournisseurs de services actuels et futurs pour contribuer au déploiement d’applications dans les domaines de l’e-santé, l’e-éducation, les communications gouvernementales et le tourisme. Il aidera également la république de Vanuatu à renforcer son positionnement en tant que grand centre d’e-business », précise Alcatel-Lucent dans un communiqué. Le projet ICN2 est prévu pour entrer en exploitation début 2016, selon Interchange. D’autres projets de construction de nouveaux câbles sous-marins ont été annoncés ces derniers mois. Parmi ceux-là, un projet trans-Pacifique « Hawaiki », piloté par des Français, et qui annonçait mi-septembre 2013 de nouveaux progrès en matière de souscription et de signature de contrats avec des partenaires. Cette signature concerne un contrat avec la société américaine TE SubCom, spécialisée dans l’installation de systèmes de câbles sous-marins.
Le montant de ce contrat se chiffrerait en « millions de dollars », mais la somme exacte n’a pas été divulguée. Cette installation, qui devrait être précédée d’une étude approfondie des sites sous-marins afin de concevoir dans ses usines du New Hampshire le câble le plus approprié, prévoit des modules permettant des dérivations vers les îles clientes, à partir du tronçon principal.
La capacité du câble sur le tronçon principal Australie-Nouvelle-Zélande-Hawaii est affichée à dix Téra bits seconde. TE SubCom exploite aussi une flotte de navires câbliers pour poser ses produits, tout comme son concurrent direct, la société française Alcatel-Lucent. Selon le projet présenté par les promoteurs, il s’agirait de faire courir un nouveau câble sur une distance de 14.000 kilomètres entre Sydney et la côte Ouest des États-Unis, en passant par la Nouvelle-Zélande (Whangarei), et en dérivant des bretelles depuis le tronçon principal vers Norfolk (Hanson Bay), Vanuatu (Port Vila), Wallis (Mata ‘Utu), Samoa (Apia), la Nouvelle-Calédonie (Nouméa), Fidji (Suva) et les Samoa américaines (Pago-Pago). Le projet de câble Hawaiki se définit comme un moyen d’atteindre simultanément plusieurs objectifs, parmi lesquels une meilleure connectivité entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, entre ces deux pays et les États-Unis, entre Hawaii et les États-Unis et entre les îles du Pacifique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis.


Affaire Honotua

La société Hawaiki s’était déjà fait remarquer lors du dernier sommet annuel des dirigeants des pays membres du Forum des Îles du Pacifique, en septembre 2012 aux îles Cook. Les responsables de ce projet forment une équipe placée sous la houlette de Rémi Galasso (directeur général, Chief Executive Officer).  Avec peu ou prou la même équipe que celle d’Hawaiki, elle se définit comme une entité qui « accompagne depuis 2005 les opérateurs des îles du Pacifique dans la transformation de leurs réseaux » autour de « 3 domaines d’activités : les télécommunications, les systèmes d’informations et les médias. Dans le cadre de ses activité au sein de la société Alcatel, cet homme d’affaires originaire de Nouvelle-Calédonie avait été disculpé par la justice dans une affaire de «complicité de favoritisme » présumé pour une passation de marché du câble « Honotua (entre Tahiti et Hawaii) entre l’Office des Postes et Télécommunications (OPT) de cette collectivité et Alcatel en 2008, rapportait mi-janvier 2013 la presse de Polynésie française. Son avocat avait à l’époque regretté « les conséquences colossales » de la mise en cause de son client. Plusieurs figures politiques locales de haut rang, au sein du gouvernement de la Polynésie française, avaient elles aussi été mises en cause dans le cadre de cette même instruction. Auparavant, la même équipe avait aussi tenté d lancer d’autres projets de câbles sous-marins trans-Pacifique, dont un connu sous le nom de « SPIN » (South Pacific Islands Network), un temps soutenu par le gouvernement français et son ministre de l’Outre-mer de l’époque, Christian Estrosi, est depuis tombé en désuétude. Un autre projet, plus récemment, connu sous le nom de « Pacific Fibre » et qui s’appuyait sur le câble Southern Cross, avait capoté. Depuis la fin des années 1990, le principal câble sous-marin reliant les États-Unis et l’Australie, via la Nouvelle-Zélande et Fidji, est le « Southern Cross ».


Source : Flash d'Océanie ( http://newspad-pacific.info)
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