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Deux raiders à l'assaut du désert australien

archives d'outre-mer
A l'entrainement sur les hauteurs de Papeete
A l'entrainement sur les hauteurs de Papeete ©Patrick Candé / Philippe Mainial
Du 6 au 15 mai, vingt-quatre super-marathoniens prendront le départ de la troisième édition de l'ultra-trail "The track outback race", course à pied de 522 kilomètres en auto-suffisance dans le désert Australien. Deux coureurs locaux figurent parmi les engagés : Philippe Mainial et Patrick Candé.
Habitués des courses longues distances mais aussi des podiums, Philippe Mainial et Patrick Candé repoussent sans cesse leurs limites.
Après avoir participé à d'innombrables marathons à Tahiti, en Europe et aux Etats Unis, ils s'offrent régulièrement des ultra-trails ou courses XXL disputées si possible en milieu hostile.
Patrick Candé a ainsi, entre autre, inscrit son nom au palmarès de "la diagonale des fous", la mythique traversée en trois jours et 170 kilomètres de l'île de la Réunion par des chemins escarpés courant sur plus de 10 000 mètres de dénivelé positif.
Marathon de Sydney
Marathon de Sydney ©Philippe Mainial
Philippe Mainial a pour sa part vaincu le tout aussi célèbre "marathon des sables", raid de 250 kilomètres dans le désert marocain dont le départ de la trentième édition sera donné début avril.
Partenaires d'entraînement, les deux hommes déclarent courir quatre à cinq fois par semaine, sur route, sur piste mais avant tout sur les sentiers de Tahiti. Ils avalent en moyenne une centaine de kilomètres par semaine.

Le plus long ultra trail dans le désert du monde

Le nouveau défi qu'ils se lancent les conduira du 6 au 15 mai au coeur de l'outback australien à l'assaut du plus long ultra trail du monde en milieu désertique. Aux côtés d'une vingtaine de participants provenant du monde entier, ils s'apprètent à parcourir 522 kilomètres en neuf étapes et dix jours sous un soleil de plomb et en auto suffisance alimentaire.
Le départ sera donné d'Alice springs. Les étapes de 30 à 64 kilomètres chacune devront être parcourues en 10 heures maximum. Les participants devront gérer au mieux leurs efforts pour espérer franchir la ligne d'arrivée au pied d'Uluru (Ayers rock) au soir d'une ultime étape d'une distance de 127 kilomètres.

Quelles sont vos motivations pour vous inscrire à une épreuve aussi difficile ?

Philippe Mainial : "On essaye de repousser nos limites, d'aller toujours plus loin, d'augmenter les distances".

Patrick Candé : "On recherche la nouveauté, le défi. Dans cette course il faudra gérer la distance et l'auto suffisance alimentaire".

Comment se prépare t'on physiquement et psychologiquement :

Patrick Candé
Patrick Candé ©Patrick Candé
PM: "Psychologiquement, je pense que l'on est prêts car on y pense depuis longtemps. Physiquement, on s'astreint à un entraînement rigoureux mais qui n'est pas le même pour chacun".

PC: "Pour ma part, je fais beaucoup d'activités sportives et la course à pied en fait partie à 70%. Pour cette préparation je délaisse un peu mes diverses activités sportives au profit de la course à pied et j'accélère le rythme de mes sorties. Je ne cherche pas à faire un chrono dans ce raid mais bien à le terminer dans les meilleurs conditions, sans trop en baver. Pour la préparation mentale, j'essaye de penser à tout ce qui pourrait nous arriver, à tout anticiper : la difficulté de chaque étape, la chaleur, les animaux et surtout avoir des pensées positives".

Cette course se déroule en auto suffisance alimentaire, qu'est ce que cela implique ?

PM : "En dehors des ravitaillements en eau on devra porter toute notre nourriture pendant cinq ou six jours en plus de notre équipement (vêtements, ustensiles de cuisine, pharmacie...). Il faudra donc compter avec l'encombrement d'un sac à dos et la contrainte de poids que cela suppose étant entendu que le règlement nous impose 2000 calories de nourriture par jour. Tout est allégé au minimum, on fait véritablement la chasse au moindre gramme, quitte à re conditionner la nourriture lyophilisée que l'on emporte.

PC :"L'obsession aujourd'hui c'est le poids, on pèse tout ce que l'on doit emmener. Le choix du sac est lui aussi très important, comme pour la nourriture il faut trouver le bon compromis entre poids et efficacité.

Êtes vous parrainés, sponsorisés ?

PM :" Malheureusement non. J'ai toutefois la chance d'être suivi depuis dix à quinze ans par Aito sport et puis plus récemment par Passeport gourmand. Pour la outback race j'ai aussi reçu le soutien de Phoenix et de Kilicorner.

PC: " Il est vrai que cela représente un sacré budget mais nous le faisons avant tout pour le plaisir. L'inscription coûte 2 300 euros (275 000 cfp) à laquelle s'ajoute le matériel et le prix du billet d'avion. Cela fait un budget de l'ordre de 650 000 cfp chacun (5 500 €)".

Sur une épreuve aussi longue, 522 km, comment parvient on à ne pas flancher ?

Philippe Mainial
Philippe Mainial ©Philippe Mainial
PC :" Il y aura forcément des coups de pompe, c'est obligatoire, on en est conscient. Ce qu'il faut faire c'est composer avec, se dire que ça va passer, lever le pied. Le corps humain est formidable, il saura réagir mais il ne faut pas être pressé. Il faut aussi bien se connaître et être à l'écoute de son corps et voir venir les faiblesses pour réagir en conséquence. Il faut comprendre ce qui se passe. Si on est en hypoclycémie, il faut manger, si c'est une douleur aux tendons on va s'étirer".

PM :" Le fait de partir à deux va aussi nous aider car on s'est mis d'accord pour courir ensemble. On verra sur place si c'est possible sachant que l'on a la même morphologie, la même foulée, quasiment le même rythme. Ce qui pèche en premier c'est le physique mais le mental prend toujours le relais. Si tu n'as pas le mental, tu as beau avoir le physique, ça ne suffit pas.

Que redoutez le plus ?

PM:" Une blessure qui nous forcerait à abandonner. Par exemple une blessure anodine qui s'infecte et t'empêche de continuer alors que tu t'es préparé pendant des mois pour aller au bout. Il serait dommage d'abandonner sur décision du staff médical.

PC :" Pour ma part c'est la fatigue qui m'inquiète un peu, tout comme le fait de porter un sac de 12 kilos, c'est inhabituel même si on intègre ce paramètre dans notre préparation.
Philippe Mainial et Patrick Candé
Philippe Mainial et Patrick Candé ©P Mainial / P Candé








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