Emeutes à Baltimore : couvre feu et état d'urgence

faits divers
Emeutes à Baltimore
©(JOSE LUIS MAGANA / AP / SIPA / AP)
Le gouverneur du Maryland a déclaré l'état d'urgence à Baltimore pour déployer la garde nationale en réponse à de nouvelles émeutes qui ont secoué une partie de la ville. La police du Maryland réclame jusqu'à 5.500 hommes en renfort
            
Ces nouvelles violences, circonscrites dans un quartier du nord-ouest de la ville, ont fait sept blessés parmi les policiers et mené à des arrestations.
             
Elles ont éclaté juste après les funérailles d'un jeune Noir, Freddie Gray, décédé après son interpellation par la police.
             
"Les pillages et les actes de violence ne seront pas tolérés. En réponse (aux émeutes) j'ai mis la garde nationale en alerte afin qu'elle puisse se déployer rapidement si besoin", a annoncé le gouverneur du Maryland (est), Larry Hogan, dans un communiqué.
             
Des émeutes similaires avaient éclaté l'été dernier à Ferguson (Missouri, centre), après la mort d'un jeune Noir non armé, tué par un policier blanc.
             
La garde nationale du Missouri était aussi venue renforcer puis relayer la police locale, mais sa présence et l'usage par la police de matériel militaire avaient été contestés.
             
Une rencontre de baseball ce soir dans le grand stade de Baltimore a été annulée par précaution.
             
Selon un porte-parole de la police, Eric Kowalczyk, les forces de l'ordre peuvent faire usage de gaz lacrymogène et de produits irritants pour disperser les émeutiers.
             
Le groupe de manifestants "refuse de suivre nos ordres de dispersion", a expliqué la police sur son compte Twitter, évoquant des individus "très agressifs et violents", munis de "bâtons, de briques, et d'autres armes".
             
Les manifestants ont jeté des pierres et d'autres objets en direction des forces de l'ordre munies de boucliers anti-émeute. Ils ont brûlé des voitures de police, pillé puis incendié un supermarché.
             
Ces violences "ne représentent pas la famille Gray, ni les sept derniers jours de manifestations pacifiques, et c'est pour ça qu'on demande à tous ceux qui participent (aux violences, ndlr) de rentrer chez eux", a affirmé le pasteur Jamal Bryant, qui présidait quelques heures auparavant aux obsèques du jeune Freddie Gray.
             
                 
                 
Menace de gangs
             
                 
              
Au moment des funérailles, la police de Baltimore avait annoncé avoir reçu une "menace crédible" de gangs locaux qui auraient "noué un partenariat pour +éliminer+ des policiers".
             
Si le lien n'a pas été établi à ce stade avec les manifestations dans la ville, la police a demandé aux officiers de prendre leurs précautions.
             
Freddie Gray est décédé le 19 avril des suites d'une fracture des vertèbres cervicales une semaine après son interpellation à Baltimore, qui compte plusieurs quartiers sensibles.
             
Ce décès est le dernier d'une série de bavures policières qui ont ravivé les tensions entre la communauté noire et les forces de l'ordre.
             
Le drame de Ferguson avait provoqué émeutes et manifestations pendant plusieurs semaines. Une demi douzaine d'autres cas similaires ont depuis défrayé la chronique et reposé la question des violences policières.
          
Source : AFP