Confinement : les agriculteurs peinent à écouler leurs productions

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Confinement : les agriculteurs peinent à écouler leurs productions
Certains légumes pourrissent, faute d'être ramassés. ©Polynésie la 1ère
Le confinement empêche les agriculteurs de subvenir à leurs besoins. Plus de drive-in, pas de foire agricole non plus. Les agriculteurs peinent à liquider leurs produits, et par conséquent, les caisses sont vides. Il faut alors faire preuve d'ingéniosité pour subsister.

Le secteur primaire touché par le confinement. Les agriculteurs de la place ont à peine eu de le temps de sortir la tête de l’eau après un an de crise, que le confinement les plonge de nouveau dans la difficulté. C'est le cas de Nelson Wan Kam.

Confinement : les agriculteurs peinent à écouler leurs productions
©Polynésie la 1ère

 

Aujourd'hui, ses légumes ont une chance sur deux de finir au broyeur. De 30% d’invendus, Nelson Wan Kam, agriculteur depuis 25 ans, est passé à 50%. Ce qui représente 50 tonnes de fruits et légumes gaspillés. Mais ce n’est pas le seul problème. "En ce moment c’est dur. C’est qu'il y a déjà les pertes et en plus de ça, il y a aussi les vols qui augmentent de plus en plus. A cause du confinement peut-être que les gens n’ont plus de sous, alors ils essayent de se débrouiller aussi."

Vendre autrement

 

Les supermarchés commandent moins, alors Nelson fournit son stand en quantité. Pour limiter les pertes, il s’est aussi mis à la vente sur les réseaux sociaux. "On essaye de faire en contrepartie des paquets qu’on vend aux particuliers. Et c’est un peu trop compliqué je pense. Ca fait plus de main d’œuvre. Il faut plus de main d’œuvre pour faire les paquets aussi."

Pas d'aides

 

45 hectares de faapu pour répondre aux besoins alimentaires des Polynésiens. Et malgré la crise, Nelson et ses 10 salariés ne bénéficient pas des dispositifs d’aides, comme le DIESE ou le DESETI. "J’ai regardé mais il n'y a pas d’aide pour les agriculteurs. Vous n'avez pas le choix en tant qu’agriculteur, il faut être là, il faut être dans le faapu. On ne peut pas fermer, on est là, on est obligés d’être là tous les jours c’est comme l’hôpital. Tu ne peux pas fermer aussi. Nous c’est pareil."

Nelson prévoit son activité au moins 2 mois à l’avance. Alors si le confinement se prolonge, son carnet de commandes risque de se vider encore plus.

Regardez le reportage de Kaline Lienard :