En instance de divorce, ils s'accusent mutuellement de violences et d'avoir voulu incendier la maison

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Jeudi 17 juin, le tribunal de Papeete a jugé un homme, poursuivi pour violences conjugales. Les époux, en instance de divorce, s'accusent mutuellement de coup et d'avoir aspergé la maison d'essence. Fait rare en matière de violences conjugales, le prévenu a été relaxé au bénéfice du doute.

Le couple a vécu ensemble pendant 30 ans, est marié depuis 16 ans et en instance de divorce. Sauf que les futurs ex-époux se chamaillent régulièrement, ils en arrivent même aux mains. Le prévenu a été condamné à quatre reprises pour violences conjugales.

Ils habitent séparément et, le 16 novembre 2020, l’homme voit débarquer chez lui, sa femme. Le couple se dispute pour la répartition des biens, elle lui demande de faire ses bagages et de quitter la maison, sinon, elle brûle ses affaires.
Selon les explications de la femme, il l’a "saisie par le cou", l’a "cognée contre une armoire" puis "sur un mur" et "l’a plaquée au sol".

A la barre, le prévenu dit qu’elle était "en furie", et qu’il s’est "défendu" car elle l’avait "frappé avec un casse-tête marquisien".

En outre, chacun accuse l’autre d’avoir aspergé la maison d’essence pour y mettre le feu.

Tous deux ont présenté un certificat médical de leurs blessures. Mais seule la femme a porté plainte. "Pourquoi ne pas l’avoir fait ?" a demandé le magistrat au prévenu qui se présente comme la réelle victime de cette affaire.
Réponse : « Je ne pouvais pas porter plainte contre elle, j’ai ma fierté d’homme » dit-il. En plus, il ne voulait pas lui "porter préjudice" car c’est une ancienne représentante de l’Assemblée.

Si des démarches de divorce ont été entamées, elle n’a jamais signé les papiers. Il a consenti à tout lui laisser, dont une ferme perlière. Mais rien n’y fait : « Partout où je vais m’installer, elle me suit » raconte-t-il.

Absente du procès, l’ancienne élue a écrit au président pour expliquer qu’elle retirait sa plainte et que le couple "fera tout, dorénavant, pour ne plus se retrouver devant le tribunal".

Dans son réquisitoire, le procureur a estimé qu’il y avait un acharnement d’un côté comme de l’autre et que "l’escalade de la violence pourrait un jour aboutir au pire".

Pour la défense, la version de la victime "manque de fiabilité".

Ayant eu la parole en dernier, le prévenu a déclaré, en pleurs, « ça fait longtemps que je veux me séparer de cette femme, mais je ne sais pas comment faire. Ce soir-là, j’ai cru que j’allais mourir. »

Fait rare en matière de violences conjugales, compte tenu de la politique de sévérité de la justice en la matière, le prévenu a été relaxé au bénéfice du doute.