Essais du cannabis thérapeutique en Polynésie : pas pour maintenant

santé
moetai Brotherson
Capture d'écran de l'échange de questions entre le député Moetai Brotherson et le ministre de la santé, Olivier Véran. ©Assemblée Nationale

Ce mardi 8 juin, le député Moetai Brotherson a interrogé le ministre de la santé, Olivier Véran, sur l'extension de l'expérimentation du cannabis thérapeutique à la Polynésie. Une impasse qui serait en fait liée au statut d'autonomie. 

Imbroglio juridique difficile à démêler ce mardi 8 juin, à Paris, à l'Assemblée Nationale, lors de l'échange entre le député polynésien Moetai Brotherson (GDR) et le ministre de la santé, Olivier Véran.
En effet, l'élu polynésien demandait où en étaient les autorisations pour que la Polynésie puisse participer aux expérimentations du cannabis thérapeutique, débutées dans l'hexagone à la fin du mois de mars, afin de pouvoir désigner 5 groupes de patients potentiels, selon les indications.

Pour le ministre de la santé, Olivier Véran, il revient au gouvernement polynésien d'autoriser ou non ces expérimentations, la santé étant une compétence du Pays, en raison de son statut d'autonomie. L'hôpital du Taaone devant par la suite, être désigné comme centre de référence.

Si l'exécutif polynésien en aurait bien fait la demande, 1 an plus tard, l'expérimentation n'est pourtant pas étendue à la Polynésie. Et pour cause, Moetai Brotherson de rappeler que c'est bien l'Etat qui est compétent en matière pénale, et, en l'occurence, pour l'utilisation thérapeutique d'une substance prohibée telle que le cannabis. "Une incohérence intrinsèque" pour le député Brotherson.

Pour Olivier Véran "si le gouvernement de Polynésie nous en fait la demande, nous verrons s'il y a lieu d'adapter un véhicule législatif, j'espère que non, si on pouvait le faire de façon réglementaire, ce serait formidable...Et je vais vérifier avec mes services, notamment l'Agence de Sécurité du Médicament, pour qu'on puisse accompagner l'installation de cette expérimentation en Polynésie dans les plus brefs délais.

Selon le ministre de la santé, dans l'Hexagone "des centaines de praticiens sont formés et des centaines de patients bénéficient de cette prise en charge pour les scléroses en plaque, les épilepsies, les symptômes rebelles dans les cancers, des douleurs neuropathiques etc. J'y place beaucoup d'espoir."