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France : bientôt un téléphone fixe dans les cellules des prisons ?

Le ministère de la Justice va installer, progressivement, un téléphone dans la quasi-totalité des 50 000 cellules des 178 prisons de France. Seuls les quartiers disciplinaires seront exclus.

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  • polynesie1ere.fr, avec francetvinfo et AFP
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Un appel d'offre vient d'être lancé pour signature d'un contrat en avril ou en mai, et les premières installations avant fin 2018. Cela permettra aux détenus d'appeler chacun 4 numéros de proches, autorisés par le juge ou l'administration pénitentiaire.

Il s’agit pour l’administration pénitentiaire d’être plus efficace sur le brouillage des téléphones portables et ainsi mieux gérer les trafics. Cette annonce survient après une expérimentation menée depuis 2016 au sein de la prison de Montmédy (Meuse). Dans cet établissement, "en moyenne, les détenus peuvent composer quatre numéros dont les titulaires doivent être identifiés", précise Le Monde.

Une mesure qui a son utilité selon François Bès, le coordinateur de l'Observatoire International des Prisons.

Interview


Actuellement, les détenus ont accès à des cabines téléphoniques situées notamment sur les coursives. "Mais les personnels doivent (les) accompagner, ce qui demande du temps et de la disponibilité. C'est donc compliqué", a mis en avant la Chancellerie. "Parfois, un détenu a quatre personnes avant lui pour accéder au téléphone sur la coursive. Et quand c'est son tour, il faut retourner en cellule. Cela crée de la tension", explique à l'APF Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT Pénitentiaire.

Système d'écoute


Si la CGT Pénitentiaire n'est "pas défavorable à l'idée", elle met néanmoins en garde : "Il faut que les numéros sélectionnés soient bien vérifiés et il faut un système d'écoute pour vérifier qu'il n'y ait pas d'échanges d'informations qui mettent à mal à la sécurité", estime Christopher Dorangeville.

Jean-François Forget, de l'Ufap-Unsa Justice, syndicat majoritaire parmi les surveillants, s'est indigné du lancement d'un appel d'offres "sans aucune consultation préalable" avec les syndicats. "Avec plusieurs détenus par cellule, comment va-t-on gérer les conflits d'accès au téléphone?", interroge-t-il. Il faut "renforcer les personnels, notamment pour les écoutes". Fadila Doukhi, déléguée régionale FO pénitentiaire pour le Grand Est, s'inquiète également des écoutes. "On n'a pas assez d'effectifs en personnel de surveillance", juge-t-elle après avoir observé l'expérience de Montmédy, qu'elle qualifie de "calamité".


Lutter contre le trafic de téléphones portables

             
Le dispositif vise également à "diminuer les trafics de téléphones portables". A Montmédy, les saisies ont baissé de 31% au premier semestre 2017 par rapport aux six premiers mois de 2016. La lutte contre les téléphones portables, qui peuvent permettre à des détenus de garder contact avec des délinquants en liberté, va se poursuivre, avec notamment le brouillage.
             
Au premier semestre 2017, 19.339 téléphones portables et accessoires ont été découverts dans les prisons, qui comptaient au 1er juillet quelque 70.000 personnes, condamnées ou en attente de leur procès.

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