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"Gilets jaunes" : une explosion de violence à Paris

Des scènes de guérilla urbaine ont été observées samedi 1er décembre à Paris. La mobilisation des "gilets jaunes" a donné lieu à une explosion de violence dans plusieurs quartiers de Paris, en proie aux dégradations et à des scènes de chaos.

© AFP
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  • Polynésie la 1ère avec AFP
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La troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes" a été marquée par des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. La situation semblait incontrôlable par endroits. Véhicules et restaurants incendiés, magasins saccagés et pillés, forces de l’ordre et de secours prises à partie : du quartier de l’Opéra à la prestigieuse avenue Foch en passant par la rue de Rivoli, les scènes de chaos se sont répétées dans plusieurs quartiers huppés de la capitale, éclipsant le message porté ailleurs en France par des dizaines de milliers de "gilets jaunes". Parmi les casseurs, certains portent des gilets jaunes mais ces actes de violence sont pourtant condamnés par d'autres manifestants.

Au moins 110 personnes, dont 17 membres des forces de l’ordre, ont été blessées, selon la préfecture de police. Ce bilan provisoire est bien plus lourd que celui de la précédente mobilisation à Paris le 24 novembre, pendant laquelle 24 personnes avaient été blessées, dont 5 parmi les forces de l’ordre. La préfecture a fait également état de 270 interpellations, soit davantage que pendant l’ensemble du précédent rassemblement parisien, où 103 personnes avaient été arrêtées. « Mon parquet veillera à engager des poursuites (…) contre tous les auteurs des faits de violences et de dégradations constatées qui seront identifiés, et à ne pas laisser impunies les exactions inacceptables », a réagi le procureur de Paris Rémy Heitz.


"Je n’accepterai jamais la violence"


Depuis le sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine, le président français a dénoncé ces violences. "Les coupables de ces violences veulent le chaos, ils trahissent les causes qu’ils prétendent servir. Ils seront identifiés et tenus responsables de leurs actes devant la justice (…) Je respecterai toujours les contestations, les oppositions, mais je n’accepterai jamais la violence", a déclaré Emmanuel Macron.
Interrogé sur TF1, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a lui dénoncé "une stratégie gérée par des professionnels du désordre, des professionnels de la casse". Il a lancé un appel aux "gilets jaunes" à se désolidariser des casseurs. "Le gouvernement vous tend la main (…) Protégez-vous, ne vous laissez pas embarquer par ces attaques (…) Celles et ceux qui ont encouragé à venir sur les Champs doivent aussi assumer leurs responsabilités", a-t-il dit.

Lancé il y a quinze jours hors de tout cadre politique ou syndical, le mouvement des "gilets jaunes" s’est également poursuivie en dehors de Paris, le plus souvent dans le calme, même si des heurts ont aussi éclaté. Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes, comme à Lille, Rennes, Angers ou Bordeaux. Cette troisième journée de mobilisation nationale des "gilets jaunes" a réuni quelques 75 000 manifestants dans toute la France, selon un bilan du ministère de l’intérieur. La première journée nationale d’action, le 17 novembre, avait rassemblé 282 000 personnes, et la deuxième 106 000, dont 8 000 à Paris.

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