Grève Carrefour : « Il faut réinstaurer le dialogue social »

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Grève Carrefour : recours en référés et arrêt du dialogue social

Alors que le mouvement se renforce dans les quatre hypermarchés, les parties campent sur leurs positions. La communication entre l'intersyndicale et la direction est difficile. 

Après une semaine, la grève perdure dans les quatre magasins Carrefour. L'intersyndicale s'est retrouvée face aux directeurs d'établissements hier après midi, mais les discussions n'ont pas abouti. Le principal point d'achoppement dans les quatre hypermarchés reste le paiement des jours de grève. Les directeurs d'établissements n'ont aucun pouvoir de décision. L'intersyndicale a tout de même proposé de payer trois jours de grève, mais de retenir cette paie sur les trois derniers jours des trois prochains mois. Une option refusée par la direction.

Le mouvement s'intensifie... 

Ce matin au Carrefour de Faa'a, les grévistes barraient les entrées au rez-de-chaussée du magasin. Interpellé au sujet de la réunion de la veille dans nos journaux ce matin, Vatea heller, le secrétaire général adjoint du syndicat O oe to oe rima estime ne pas être pris au sérieux. « On a été pris pour des billes, condamne-t-il. Nous avons fait des efforts, hier on est restés calmes. Aujourd'hui (le blocage, ndlr), c'est la réponse à ce qui nous a été présenté hier, c'est-à-dire un mépris [...] Il va falloir trouver un accord ». Les salariés aussi, sont plus déterminés que jamais : « On ira jusqu'au bout » confiaient certains.

Quatre recours en référé ont été réalisés, un recours par hypermarché. Ces actions en justice sont à l'initiative du groupe Wan, et soulignent le non-respect des mesures sanitaires. En réponse, l'intersyndicale a elle aussi déposé son recours contre le groupe pour entrave à l'action syndicale, indiquant que les négociations se sont tenues avec les directeurs d'établissement alors que ces derniers n'ont aucun pouvoir de décision. 

« Il faut réinstaurer le dialogue social »

En direct radio dans notre édition de 6h, Frédérick Dock, le président du MEDEF Polynésie (Mouvement des entreprises de France) a appelé à la reprise du dialogue social. « La grève, elle a mené à une impasse aujourd'hui, constate-t-il. Moi ce que je pense, qu'il faut que les représentants du personnel reprennent toute leur place au sein des entreprises en question, et qu'on n'arrive à la grève qu'en dernier recours sinon, on se retrouve avec une entreprise qui perd du chiffre d'affaires, des salariés qui perdent une partie de leurs salaires, ce qui sera dramatique [...] pour la Polynésie en général ».  

« Il y a deux solutions possibles, analyse le président du MEDEF, soit le chef d'entreprise ne respecte pas la réglementation et c'est à l'inspection du travail de lui imposer de respecter la loi. Ça, c'est très facile et très rapide. Ou alors, le salarié a des demandes qui sortent du cadre de son contrat. À ce moment là, ça s'appelle de la revendication. Ça, ça se passe au sein de l'entreprise et ça s'appelle le dialogue social ». 

Les 4 recours du groupe Carrefour et celui de l'intersyndicale seront jugés aujourd'hui à 14h00.