Heiura Itae-tetaa : "Le FIFO est important car il donne à voir l’Autre avec un grand "A""

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Heiura Itae-tetaa : "Le FIFO est important car il donne à voir l’Autre avec un grand "A""
Enfant du FIFO, Heiura Itae-tetaa endosse cette année le rôle de membre du jury. ©Polynésie la 1ère / EM Production Tahiti
Journaliste, chargée de communication, assistante de production, animatrice télé, Heiura Itae-tetaa a de multiples facettes et une multitude de casquettes. Quel que soit son métier, elle sait jongler avec une intelligence et une aisance à faire rougir. En 2019, elle a fondé son entreprise Speak Tahiti – Paraparau Tahiti, elle est aussi à l’origine du premier imagier en reo Tahiti. Enfant du FIFO, elle endosse cette année le rôle de membre du jury. Rencontre avec une passionnée.

C’est la première fois que vous êtes membre du jury du FIFO. Comment abordez-vous ce rôle ?

Déjà, c’est une réelle fierté pour moi que de faire partie du jury cette année. Ce rôle, je l’aborde assez sereinement, je dois l’avouer. J’ai commencé à me renseigner sur les documentaires de la sélection officielle et j’ai déjà hâte de pouvoir me poser à Te Fare Tauhiti Nui pour apprécier et comprendre ce que les réalisateurs, auteurs, producteurs, souhaitent nous communiquer comme histoires, émotions et expériences.

Vous êtes es une aficionada du FIFO. Qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

J’ai clairement grandi avec ce Festival. J’avais 15 ans lorsque la première édition a eu lieu et dans le choix de mes études universitaires, je me suis orientée vers la communication où j'ai obtenu un Master 2. Je considère l'audiovisuel comme ma première maison professionnelle, c'est là que j'ai forgé mon caractère et vécu mes plus belles rencontres professionnelles. C'est un secteur exigeant et où on trouve généralement des personnes passionnées par leurs métiers. Ce Festival réunit pour moi des ingrédients que j’affectionne : les rencontres, les histoires et les partages. Le FIFO est important car il donne à voir l’Autre avec un grand « A », nous ouvre les yeux et l’esprit sur l’Océanie.

Qu’attendez-vous d’un documentaire ?


Qu’il me prenne par la main et m’embarque dans une histoire vraie. Aujourd’hui, avec l’abondance d’images et de « fake news », je ressens vraiment le besoin d’avoir de l’authenticité et le documentaire m’apporte ça. Il doit aussi m’apprendre et me faire voyager vers l’ailleurs. Et quand bien même cela se passe chez moi, au fenua, il y a des documentaires qui ont pu me faire voyager.

Qu’est-ce qui vous touche en premier dans un documentaire ?


L’histoire et les personnes qui la font vivre. Le temps d’un documentaire, ou d’un film peu importe le type, est un moment privilégié pour moi où on se concentre sur une histoire et sur des vies, des combats, des manières d’être. Et en cela, le documentaire peut nous faire vivre tout cela.

Qu’est-ce qui fait un bon documentaire pour vous ?


C’est difficile parce que c’est tellement subjectif. Cela m’est déjà arrivé de trouver un documentaire bon uniquement pour la qualité de la bande-son ou parce que les images sont belles ou bien parce que les personnages me touchent. Je dirais qu’il faut que le cocktail de tout ce que je viens de décrire soit assez bon et fort pour être apprécié à sa juste valeur.

Pour la première fois depuis 2004, le jury du festival sera présidé par un Océanien : Emmanuel Kasarhéou, qui est à la tête du musée du Quai Branly. Qu’en pensez-vous ?


C’est une fierté pour moi en tant qu’Océanienne. J’ai déjà eu l’occasion de l’interviewer dans le cadre de mon précédent métier d’animatrice télé lorsqu’il a été choisi pour présider le Quai Branly. Et déjà à cette époque, c’était une fierté pour moi en tant qu’Océanienne que de voir un Océanien à la tête de ce musée que j’affectionne beaucoup d’ailleurs. Son expérience et expertise seront très intéressantes lorsque nous aurons à débattre des différents documentaires sélectionnés.


Le reste du jury est formé de femmes océaniennes. Un jury à majorité féminine, donc, et 100% océanien…

Encore une fois très fière et honorée d’en faire partie. Nous sommes toutes, à notre niveau et malgré nos différences, des passionnées aussi de ce monde qu’est l’audiovisuel. Cela tombe sous le sens d’une certaine façon et notre vision de notre monde océanien va apporter des débats riches, j’en suis certaine.