Le crématorium pour pallier le manque de place dans les cimetières

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Projet crématorium Paea
Il ne reste plus beaucoup de place au cimetière de Paea. ©Polynésie la 1ère
Enième conséquence de la crise sanitaire : les cimetières manquent de place ! Alors la question des crématoriums revient et il semblerait que les mentalités aient changé. Au niveau législatif, on n’a jamais été aussi près d'aboutir à un texte autorisant la réalisation d’un premier crématorium.

629 décès ! En Polynésie française la dernière vague du Covid a été particulièrement meurtrière et les cimetières littéralement saturés.

A Paea, malgré les travaux de la municipalité, il ne reste que 4 concessions disponibles et 75 enfeus. Plus que jamais, le maire est favorable à un projet de crématorium. "On sait que la commune de Paea, comme toutes les communes, souffre d'un déficit d'emprise en matière d'ensevelissement des morts, des cimetières. Et à plus forte raison de manière très prégnante dans la commune de Paea puisqu' aujourd'hui il nous arrive, surtout après cette dernière crise-là, d'accepter qu'on enterre encore dans des propriétés privées. Ce qui est absurde en 2021", déplore Anthony Géros.

Les mentalités évoluent

 

Parmi les deux porteurs de projets de Paea, Mereana Cheung, elle imagine une structure de 200 m2 avec un incinérateur made in France. Le montant du projet serait de 150 millions cfp minimum, avec 8 crémations envisagées par jour.

Le coût d’une crémation : 800 000 voire un million de francs en Nouvelle-Zélande, le prix serait divisé par deux à Tahiti, avec la possibilité pour la famille d’assister à la cérémonie. "Les mentalités ont beaucoup changé et on a fait une enquête sur le terrain, dans différents magasins de Paea, et on a demandé s'ils étaient pour ou contre la construction. La majorité a répondu oui pour la construction", explique Mereana Cheung.

Le projet est désormais possible en Polynésie, mais il a fallu modifier le code général des communes en 2019.

Augmenter l'offre d'inhumation

 

Aujourd'hui, le parcours législatif touche à sa fin. "C’est vrai qu’il y a un besoin parce qu'on manque de place. Maintenant, pour rassurer les gens, il ne va s'agir non plus d'obliger tout le monde à aller vers les crématoriums. C'est un choix qui est donné, ça augmente l'offre finalement d'inhumation. Ceux qui le veulent pourront toujours être inhumés, et ceux qui le souhaitent pourront avoir accès au crématorium", détaille Tepuaraurii Teriitahi, présidente du groupe Tapura à l'assemblée de Polynésie française.

La conférence des présidents de groupe prévue lundi devrait permettre de connaître la date du vote des représentants à l’assemblée.