Les outsiders du confinement : infirmière à domicile

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infirmière à domicile
Les infirmières à domicile restent un maillon indispensable à la poursuite des soins. ©Hanaé Davy-Frequelin
"Les outsiders du confinement", votre nouvelle web-série qui rend hommage à ceux qui continuent de travailler. Valérie Davy-Frequelin est infirmière à domicile. Les soins ne s'arrêtent pas, bien au contraire. Son quotidien est même devenu plus difficile avec l'épidémie de coronavirus.
Dans cette nouvelle web-série, "Les outsiders du confinement", nous rendons hommage aux déconfinés. Déconfinés et obligés de travailler pour assurer le quotidien de la population.
Munis d'une caméra, ils se filment dans leur quotidien chamboulé par l'épidémie de coronavirus. C'est le journal des déconfinés.

Valérie Davy-Frequelin est infirmière à domicile depuis 15 ans. Elle commence tous les matins, à 4h, avant la fin du couvre-feu. Elle se déplace entre Papeete et Arue et assure les soins prescrits par les médecins, souvent auprès des plus fragiles, des patients en carnet rouge [longue maladie ndlr]. Elle sait quand commencent ses journées, mais ne sait jamais quand elles vont se terminer, en fonction des besoins des patients.

Elle se rend parfois dans des maisons difficiles d'accès ou avec des chiens en liberté, mais "tout le monde à droit aux soins, explique-t-elle. Quelle que soit la personne et quel que soit l'endroit où l'on doit aller. Il faut y aller."

Pourtant, avec l'épidémie de coronavirus, son quotidien d'infirmière est chamboulé. Elle ne reçoit plus du tout à son cabinet et ne fait plus que des visites à domicile. "Les gens sont inquiets. Ils ont peur qu'on leur ramène à la maison une probable contamination. Donc, il faut prendre des précautions, les rassurer."

Valérie applique strictement les gestes barrière. Lavage des mains systématique, port du masque et désinfection de son véhicule. Mais cela ne suffit pas toujours : "cette anxiété se traduit parfois par des propos désagrables, voire qui peut en venir aux mains ou aux agressions sur nos voitures par exemple, sur nos outils de travail." Valérie en a personnellement fait les frais en retrouvant sa voiture avec les vitres brisées.

Les infirmières à domicile sont des maillons essentiels à la poursuite des soins. Elles sont aussi en première ligne face à la maladie. "Les gestes barrière sont indispensable, explique Valérie Davy-Frequelin. Notre rôle de prévention et d'éducation s'est vu décupler. On fait quasiment plus d'information et de désinformation que de soin technique en lui-même."