La sanctuarisation des motu marquisiens passe par leur dératisation

écologie marquises
Sanctuarisation motu
©Polynésie la 1ère
L'association Manu a mené une mission à Ua Pou afin d'étudier la faune et la flore de 3 motu qui seront dératisés l'année prochaine. Le but est d'en faire des sanctuaires pour oiseaux marins.

Eradiquer le rat du Pacifique pour faire de certaines îles marquisiennes des sanctuaires pour les oiseaux marins. 

Tehani Withers, chef de projet de l’association Manu-SOP, était en mission durant 3 semaines sur l’île de Ua Pou afin de mener un inventaire de la faune et la flore de 3 motu, Motu Takae, Motu Mokohe et Motu Oa, avant de procéder à la dératisation par des drones l’année prochaine.

Sanctuarisation motu
Tehani Withers en plein répertoriage. ©Polynésie la 1ère

 

Car les petits rats du Pacifique y prolifèrent et sont de terribles prédateurs pour les oiseaux marins. Ils mangent leurs oeufs et leurs poussins. C'est ainsi qu'ils sont à l'origine de la disparition d'espèces d'oiseaux marins rares.

Protéger  les oiseaux

 

Le but final de cette prochaine campagne de dératisation est de créer des sanctuaires d'oiseaux marins. "Cela présente plusieurs avantages", selon Tehani Withers. "D'abord pour la pêche puisque le fait qu'il y ait plus d'oiseaux marins, il y a plus de nutriments qui tombent dans l'eau", le guano qu'ils produisent retombe dans l'océan, alimente un microcosme marin tel que les zooplanctons etc. C'est tout cet écosystème qu'il faut protéger qui entraîne une augmentation des poissons.

Sanctuarisation motu
©Polynésie la 1ère

 

De plus "les oeufs de tara sont une ressource alimentaire pour les habitants", poursuit Tehani, sans oublier que "tous ces oiseaux ont des noms marquisiens qui font partie de la culture marquisienne. Ils pourraient disparaître si des espèces (d'oiseaux) venaient à disparaître".

Etudier et tuer les rats

 

Mais avant cela, un travail de terrain de plusieurs jours a donc été nécessaire avec une méteo parfois capricieuse. Car pour se rendre sur les motu, il a fallu y aller en pirogue avec les pêcheurs de la vallée de Hakatao, ou en poti marara, puis crapahuter les pentes raides pour arriver enfin au-dessus des motu.

Sancturarisation motu
Tehani pose un piège à rat. ©Polynésie la 1ère


Une fois sur place, il a fallu poser des pièges à rats mais aussi à insectes. 
Sur l’ensemble de sa mission, Tehani a capturé plus d’une quarantaine de rongeurs et plusieurs insectes dont elle a récolté des échantillons à des fins d'analyses ADN. Mais pas seulement. Tehani a mesuré leur taille pour bien les identifier et sur quel motu. 

Bénéfice à venir

 

Autant d'éléments dont il faut informer les habitants, élus comme population locale en particulier les pêcheurs qui seront particulièrement concernés lors de la deuxième phase du projet. En effet lors de la dératisation, au moment de la distribution de raticide, il sera interdit aux habitants de pêcher et de manger les crabes pendant 6 mois.

Protéger les oiseaux, c'est donc aussi protéger tout un éco-système dont les Marquisiens bénéficieront dans les années à venir.

Sanctuarisation motu
©Polynésie la 1ère

 

PROTEGE

Ce projet s'inscrit dans le cadre du projet "PROTEGE", mis en œuvre par la Communauté du Pacifique (CPS) et le secrétariat du Programme Régional Océanien de l'Environnement (PROE) et financé par l'Union Européenne en collaboration avec le Pays et la commune de Ua-Pou.