polynésie
info locale

Procès en appel Air Moorea : l'insoutenable témoignage des parties civiles

justice moorea
Nicolas Fourreaux Air Moorea président de l’association 987
©Polynésie la 1ère / Axelle Mésinèle
Mercredi 20 novembre s'est déroulée la troisième journée du procès en appel du crash d’Air Moorea. Une partie de la journée était consacrée aux auditions des parties civiles. Un moment très fort en émotions pour les familles. 
La cour d'appel a entendu une chef d'escale citée par la défense, venue dire qu'il y avait une bonne ambiance dans l'entreprise. Un responsable administratif a dit que tout allait bien dans l'entreprise, que la société ne lésinait pas sur les dépenses pour la maintenance. Freddy Chanseau, l'ancien directeur général, a de nouveau été interrogé. Rien de nouveau dans son audition. Jacques Gobin, le directeur technique, s'est également exprimé sur la gestion de l'atelier.     

La journée a aussi été consacrée aux auditions des parties civiles. Un moment d’émotions très fort pour les familles. C'est Nikolaz Fourreau, président de l'association 987, qui a débuté. Il a perdu sa femme lors du crash en 2007. "Mon histoire est celle d'un mari qui a embrassé sa femme pleine de vie le matin et l'a retrouvée froide, le soir. J'entends encore les cris de mon fils de 5 ans quand je lui ai dit que sa mère était morte". Sa fille avait seulement un an et demi au moment du terrible accident. Elle n'a pas de souvenir de sa mère. Son grand-frère se souvient de la voir chercher sa maman dans un placard. Nikolaz Fourreau a eu des mots durs à l'encontre des prévenus et a estimé qu'ils n'avaient aucune dignité. "Vous avez enterré nos proches. Nous allons enterrer vos espoirs d'impunité" a t-il conclu. 
 

Remettre l'humain au centre du procès


Johanne Coissac a aussi témoigné, ce mercredi. Son mari, Pierre, travaillait à la direction de l'Environnement comme plusieurs autres victimes du crash. Le couple avait eu du mal à avoir des enfants. Leurs jumeaux avaient seulement 5 ans lorsque l'accident a eu lieu. "La fête des pères est un moment difficile", a déclaré Johanne qui a raconté que les taties de leur garderie avaient remarqué que les deux garçons tendaient les bras lorsqu'il voyaient des hommes venir chercher leurs enfants. Johanne Coissac a également parlé de sa douleur, celle de voir souffrir ses fils. Un jour, raconte-t-elle, l'un d'eux a demandé à voir son papa. Elle a été obligée de lui dire qu'il n'y a plus de papa. 

Dernier témoignage de la journée, celui d'un frère. Il a dit vouloir remettre l'humain dans ce procès. "On ne parle pas de tôles froissées", a t-il déclaré. Sa mère de 84 ans assiste également au procès. Depuis la disparition de leur proche, il ne se passe pas un jour sans parler de lui. "Ma mère répète qu'enterrer un fils n'est pas dans l'ordre des choses ", a t-il raconté. 

Le procès reprendra vendredi 22 novembre avec l'audition des trois dernières parties civiles. Lundi 25 novembre sera consacré aux réquisitoires et le lendemain, mardi 26 novembre, aux plaidoiries des avocats. 

 
Publicité